lundi 6 juin 2016

Histoire d'une démolition d'édifice patrimonial en 1983...les leçons à en tirer

Ce presbytère était, selon le souhait de l'instigateur de sa construction, l'Abbé Charles-Nazaire Boudreau, destiné à être le premier couvent construit aux Îles. Mais le sort et sûrement aussi le diocèse, ont privilégié la paroisse de Havre-aux-Maisons pour l'implantation d'un couvent. 

Ce magnifique bâtiment de bois a donc servi comme presbytère jusqu'à vraisemblable démolition, dont nous tentons de situer le moment exact.

Les propos de l'ancienne député des Îles-de-la-Madeleine, madame Denise Leblanc, publiés dans l'édition du Radar du 8 mars 1983, p.6, résument bien comment les conditions de préservation d'un édifice doivent être réunies bien avant toute transaction immobilière. Voici l'exemple du presbytère de Bassin, menacé de démolition à l'époque:

"Malheureusement, les membres du conseil de la paroisse de Bassin, après avoir offert cette bâtisse pendant plusieurs mois sans trouver preneur, se sont finalement résolus à la vendre à l'enchère, à la seule condition que le terrain soit libéré à une date déterminée. Cette décision a été prise en toute légalité et personne n'a jugé bon de chercher à la faire au moins modifier, par exemple, en y faisant inscrire une clause de non-démolition."

Ainsi, plusieurs facteurs ont desservis la cause du bâtiment: le rejet un an plus tôt de son classement à cause d'une modernisation extérieure trop poussée. L'impossibilité d'inclure le bâtiment dans l'ensemble du site historique de La Grave, une opposition verbale manifestée tard et seulement via les ondes de la radio alors que le contrat de vente n'incluait pas de clause restrictive de non-démolition. etc.

De nos jours l'inscription préalable des édifices de nature patrimoniale dans les schémas d'aménagement des MRC peuvent sans doute permettre de mieux protéger ces éléments témoins du passé.