Le CARDI : Un passé conjugué au présent... pour l'avenir des Îles

samedi 5 novembre 2016

Fondation de la paroisse de Havre-aux-Maisons en 1846




Novembre 1846 :

Pendant plus de 70 ans, les Îles-de-la-Madeleine ne formaient qu’une seule mission. Les prêtres qui y ont servi entre 1774 et 1846 étaient, pour la plupart, des prêtres missionnaires qui venaient aux Îles pour une courte durée. Ils étaient localisés à Havre-Aubert et voyageaient d’une petite chapelle à une autre selon les moyens dont ils disposaient et les besoins des habitants.

En novembre 1846, la paroisse de Havre-aux-Maisons, comprenant l’île de Havre-aux-Maisons, le Cap-aux-Meules et le Barachois, est détachée de celle de Havre-Aubert. Cette même année, elle reçoit un premier prêtre résident, soit l’abbé Cajetan Miville-Deschênes. L’ouverture de ses registres en tant que paroisse se fait en 1853, mais remonte au 29 juillet 1824, comme mission relevant de Havre-Aubert.

Source: omniworld.org
 Cette première inscription au registre est celle de François  dit Amédée Vigneau à Jean dit Nathaël et Bathilde Arseneau, né le 29 janvier 1824 et est signée par l’Abbé Auguste-Magloire Blanchet. Ce missionnaire né à Montmagny en 1797 et ordonné en 1821, exerce une année à Cheticamp avant d’être curé du Havre-Aubert  de 1822-1824. Il sera consacré Évêque de Nesqually [Seattle, Washington] en 1887 et décède à Fort Vancouver le 27 février 1887.



 Il faut noter que, de 1831 à 1871, la population des Îles est multipliée par trois, passant de 1 057 à 3 197 recensés. L’île de Havre-aux-Maisons compte alors plus d’habitants que celle de Havre-Aubert. On y instaure donc cette deuxième chapelle en 1824, tandis que la mission de Havre-Aubert administre aussi l’Île d’entrée, la Côte de L’Étang-du-Nord (Lavernière, Les Caps, Gros-Cap, Boisville). Cette situation perdure pendant trente ans.

La mission de Sainte-Madeleine, avec la seule entité de Havre-aux-Maisons comme on la connaît donc actuellement, n’apparaîtra qu’en 1876, en même temps que la nouvelle mission de Lavernière. Mais nous savons que dès 1819, un presbytère y a été construit sous la direction de l’abbé Jean-Marie Madran ainsi qu’une chapelle issue du bois de naufrage du Neptune vers 1820 (voir article précédent d’août 2012).

Les missionnaires et prêtres:

L’abbé Jean-Marie Madran — 1819-1822
L’abbé Magloire Blanchet — 1822-1824
L’abbé Pierre Béland — 1825-1827
L’abbé Pierre Bédard — 1827-1830
L’abbé P.-H. Brunet — 1830-1833
L’abbé Ths.-L. Brassard — 1833-1837
L’abbé L. Noël — 1837-1839
L’abbé Alexis-Alphonse Bélanger — 1839-1846
L’abbé Cajetan Miville-Deschênes 1846-1868
L’abbé Azade-J. Trudel 1868-1871
L’abbé Géo. Antoine Belcourt 1871-1874
L’abbé Charles N. Boudreault 1874-1875
L’abbé J. C. Onésime Hébert 1875-1886
L’abbé J. B. J. Edmond Meunier, 1886-1889
L’abbé Jean Chiasson 1889-1891
L’abbé Gérard-de-Finances 1891-1892
L’abbé J. Auguste H. Blaquière 1892-1899
L’abbé J.-Samuel Turbide 1899-1927
L’abbé Desroches 1899-1927 (il remplaçait du curé Turbide en hiver)
L’abbé P. H. Gallant 1927-1931
L’abbé Alphonse Arseneau 1931-1933
L’abbé André Arseneau 1933-1934
L’abbé Pierre Chouinard 1934-1951

Références :

Blanchard, J.H., Histoire des Acadiens de l’Île-du-Prince-Édouard, Williams & Crue Limited, Summerside, 1927, np

Gaudet, Rose-Délima. La place de l’Église Catholique aux Îles-de-la-Madeleine. Sessions d’étude - Société canadienne d’histoire de l’Église catholique, vol. 46, 1979, p. 99-106

Naud, Chantal. Iles de la Madeleine 1793-1993 : Deux siècles d’histoire, Éditions Vignaud, 1993, p.55-56

Topoweb : Exposition virtuelle du Centre d’archives régional des Îles : Histoires de chez-nous, dans muséevirtuel.ca, consulté le 4 novembre 2012