dimanche 12 octobre 2014

AC1-S11 Sébastien Cyr

1954-1995. 0,12 ml de documents textuels et 61 pièces iconographiques.

Histoire administrative/notice biographique
En 2000, lors du Gala universitaire Force Avenir, Sébastien Cyr obtient un Prix dans la catégorie Arts, lettres et culture pour son glossaire « Le Sel des mots » comprenant 1 200 mots du langage madelinot édité depuis à plus de 7000 exemplaires. Très impliqué dès les études secondaires et ses études supérieures, il collabore aux recherches pour l’Institut québécois de recherche sur la Culture publié en 2003, lors de la réalisation de l’Histoire des Îles-de-la-Madeleine. Passionné d’histoire et de généalogie, il a contribué de 2014 à 2015 à la relance du Centre d’archives régional des Îles.

Alors qu’il était étudiant à l’extérieur des Îles, un frère du Sacré-Cœur et auteur d’un article paru dans le journal Le Jeune Naturaliste, lui remet des photographies et négatifs d’un voyage de pêche aux pétoncles et une expédition sur le Rocher-aux-Oiseaux qu’il a effectués à bord du bateau de recherche de la station marine des Îles, le Mékatina, en juillet et août 1954. Son séjour correspondait à un voyage sur le scoutisme.

Historique de la conservation
Les documents ont été remis au Centre d’archives régional des Îles par Sébastien Cyr

Portée et contenu
La collection est constituée de 34 photographies et 27 négatifs de 6 x 9 cm (1954) ainsi que de 31 numéros en continu du journal étudiant de la Polyvalente des Îles, La Grande Gueule, 1990-1995 (Sébastien Cyr faisait partie de l’équipe de rédaction), 2 CD de généalogie, une banque numérique des cimetières des Îles-de-la-Madeleine et localisation des pierres tombales.

Sujets
Généalogie
Pêche
Pétoncle
Journal étudiant
Rocher-aux-Oiseaux
Chalutier
Cimetière

vendredi 10 octobre 2014

Le naufrage du Simcoe le 7 décembre 1917


Pastel du Simcoe par Hélène Chevarie

L’histoire méconnue du naufrage du Simcoe  
(selon la Garde Côtière Canadienne)

1917 fut une année tragique. 11,000 soldats canadiens avaient péri en avril sur la crête de Vimy. En octobre et novembre de la même année 16,000 de leurs camarades échangeaient à leur tour leur existence pour deux milles carrés de boue à Paschendaele. Le 6 décembre, à la suite de l'abordage de deux cargos dans le port d'Halifax, l'explosion des munitions que contenait l'un des navires ravagea la ville; 1,630 personnes périrent, des milliers d'autres furent blessées. Sous le coup des mauvaises nouvelles du front, encore affligé de ces deuils qui frappaient toutes les parties de notre pays, sous le coup aussi des désastres qui avaient eu pur théâtre son propre territoire, le Canada ne prêta qu'une attention distraite à un autre événement qui allait marquer d'une façon terrible cette année douloureuse, le pire désastre qu'aient enregistré les annales de la Marine et des Pêcheries.


En 1917, le Simcoe s'est perdu corps et bien en passant des Grands Lacs supérieur à la baie de Fundy pour relever le CGS Dollard.

Le lendemain même de l'explosion d'Halifax le sans-filiste des Meules, aux Îles-de-la-Madeleine, captait un message urgent du ravitailleur de phares Simcoe.

« SOS EN PERDITION QUELQUES MILLES AU SO ILES DE LA MADELAINE POSITION EXACTE IMPOSSIBLE A DETERMINER A PEU PRES DIX MILLES SO DES ILES DE LA MADE-LEINE LES CANOTS SONT A LA MER PAR GROSSE MER SOS. »

Le message avait été reçu à 20h30 le 7 décembre 1917. À partir de ce moment-là on ne reçut plus la moindre nouvelle du Simcoe, perdu corps et bien avec les 44 hommes à son bord. Le récit de ce naufrage, fragmentaire et dont, du reste les détails restent encore inconnus, sont assez caractéristiques de la navigation de cette époque. Le vapeur Seal et un patrouilleur naval voulurent se porter au secours du Simcoe, mais ils étaient encore très éloignés de la position supposée et incapables de marcher vite sur une mer déchaînée. Bien que prévenus par les stations-radio des Meuls et de Fame Point, il fut impossible aux habitants des petits ports de la région d'esquisser le moindre geste pour secourir les naufragés. Leurs petits bateaux auraient en effet été incapables de prendre la mer dans le vent qui poussait en rafales une neige aveuglante. L'Aranmore appareilla malgré tout de Pictou le lendemain matin, dès réception du message, mais il eut beau fouiller la mer jusqu'au 11, il ne trouva rien et renonça.

Le Simcoe était un vapeur à deux hélices, long de 180 pieds. Il n'avait alors que huit ans. Déjà il avait franchi sans incident l'Atlantique depuis Wallsendon-Tyne où il avait été construit. Son port d'attache était normalement Parry Sound. Premier navire du ministère à être affecté exclusivement au service des Grands Lac il servait, avec le Lambton, également entré en service en 1909, au ravitaillement des phares ou à l'entretien des bouées en amont de Montréal. Or, pendant la campagne de 1917, on s'était rendu compte que la machine du Dollard n'était pas suffisamment puissante pour qu'il puisse continuer à naviguer en toute sécurité dans les eaux agitées de la baie de Fundy. C'est pourquoi le Simcoe avait été transféré à l'Agence de Saint-Jean (N.-B.). C'est en gagnant son poste qu'il se perdit. Le capitaine W. J., Dalton et le chef mécanicien W. J. Pitt, partis eux-mêmes de cet endroit, avaient été chercher leur bateau sur les Grands Lacs, s'arrêtant pendant quelques semaine à Québec pour y travailler en route. Puis, on l'avait provisoirement affecté au service du Bas du Golfe avant de le dépêcher vers son nouveau poste. Au moment du naufrage il venait de quitter Saint-Jean avec une cargaison de charbon et du ravitaillement pour le Rocher-aux-Oiseaux. Sa cargaison débarquée, il était reparti relever les bouées des Îles-de-la-Madeleine. On pense qu'il en avait déjà embarqué le soir du 7. Le capitaine Dalton était un officier plein d'expérience qui avait déjà commandé le Lansdowne et l'Aberdeen au cours de missions analogues.