Aucun message portant le libellé régime anglais. Afficher tous les messages
Aucun message portant le libellé régime anglais. Afficher tous les messages

samedi 6 février 2016

Éphéméride... 6 février - Tenure des terres en 1890


Source: Extrait d'un bail de location de terre, Collection du Centre d'archives régional des Îles

06 février 1890 :

Rapport à l'Assemblée législative par un comité chargé d'étudier la situation de la tenure des terres aux Îles-de-la-Madeleine.

dimanche 30 juin 2013

De la juridiction de Terre-Neuve à celle de Québec, de Richard Gridley à Isaac Coffin...


1ière page du Traité.  Source: Archives du ministère français des Affaires étrangères
07 octobre 1763 : 

Le Traité de Paris met fin à la guerre de Sept Ans et réconcilie, après trois ans de négociations, la France et la Grande-Bretagne. Toutes les possessions françaises d'Amérique passent à l'Angleterre, sauf Saint-Pierre-et-Miquelon. Les Îles-de-la-Madeleine relève dorénavant de la juridiction de Terre-Neuve.

Richard Gridley avait déjà obtenu un permis temporaire en 1760 pour l'exploitation de la chasse à la vache-marine et la pêche et au moment de la signature du traité, on mentionne qu'une douzaine de familles y étaient installées.

Richard Gridley, colonel bostonnais et ancien compagnon de Wolfe, engage donc en 1761, 22 acadiens pour chasser et pêcher en ces Îles, annexées à Terre-Neuve jusqu'en 1774. Ces Acadiens n'acceptèrent de signer le serment d'allégeance permettant de le suivre qu'à condition de voir un prêtre les accompagner. La première démarche pour l'obtention d'un prêtre catholique aux Îles se fait donc par Gridley auprès de l'évêque de Québec. Comme on ne peut compter à l'époque que sur des prêtres européens, on doit attendre plusieurs années le passage d'un missionnaire occasionnel. De ce fait, les engagés maintiennent leur famille sur l'Île St-Jean jusqu'en 1774, année où les Îles sont annexées à Québec sous la nouvelle constitution de l'Acte de Québec. Les Pères spiritains offrent à partir de ce moment leur Ministère en faveur de l'Acadie. Le premier missionnaire régulier est donc le Père Thomas Leroux jusqu'en 1783. 

Sans église et sans demeure, c'est lui qui dans une lettre adressée au grand vicaire Gravé de la Rive, fut réduit, en plus de biens d'autres choses, à manger de la soupe à la vache-marine. (Gaudet, 1979, p. 101). De 1784 à 1793, c'est le Père William Phelan, un capucin, qui prendra sa mission. Les registres de baptêmes, mariages et sépultures de cette période furent presque tous détruits dans l'incendie de 1838 du presbytère d'Arichat, au Cap-Breton, dont il avait la cure depuis 1770.

Source: Découverte et peuplement des Îles-de-la-Madeleine, p.72
Tracée en 1960 par Pierre-Cornélius Carbonneau, la carte suivante est tirée du livre de sa fille Pauline Carbonneau (Découverte et peuplement...) cité en bas de page. Cette carte tente d'illustrer, d'après les lots de terrains des premiers habitants situés sur la Grave, l'emplacement des premiers colons engagés par Gridley.

L'auteure Pauline Carbonneau présente quatre pages de son livre spécifiquement sur les engagés de Gridley. Puisant entre autre sa source des écrits de son père et des textes généalogiques de Rose-Délima Gaudet, elle y présente les premiers habitants comme dix Arseneau, un Doucet (Ducette) et un Desroches (De Ruche), deux Poirier de Malpèque, quatre Boudreau (Budero) de l'Ile St-Jean et du Cap-Breton, trois Haché (Gallant) et un Chiasson de St-Pierre du Nord. Conservés par la tradition orale, un Snault (Arseneau) d'origine marseillaise, un Noël de l'Île Jersey et un Therriau sont ajoutés à la liste des écrits traditionnels par Rose-Délima Gaudet. On apprend que ces trois hommes se fixèrent à l'Échouerie de Pointe-Basse où Gridley avait des employés. celles-ci furent abandonnées à trois anglais d'Argyle (Baie Ste-Marie) qui se voudraient donc les premiers anglophones à se fixer aux Îles: James Clarke, Georges Goodwin et John Rankin.

Le régime Gridley, favorable aux souhaits des acadiens qui maintiennent leur foi, se veut plus humain que celui qui suivra en 1787 avec l'officier de la marine américaine Isaac Coffin. Pendant trois générations de ce régime de Coffin (l'oncle, le neveu et le petit-neveu), sans aucune organisation civile et scolaire pour les guider et avec un seul prêtre pour les défendre, l'exode de nombreux acadiens des Îles se poursuit avec quelques immigrations, heureusement.



Références: 

Stuart R. J. Sutherland. "Richard gridley" dans Dictionnaire biographique du Canada en ligne, 1771-1800 (Volume IV), consulté le 4 octobre 2012.

jeudi 1 novembre 2012

Isaac Coffin - Biographie

Photo tiré du livre: Sir Isaac Coffin, Bart (1759-1839)
 par Robert P. Tristram Coffin, 1951, p.2
Isaac Coffin / premier concessionnaire des Îles

Fils de Nathaniel Coffin, receveur général et caissier des douanes britanniques de Boston, et de Élizabeth Barnes, Isaac Coffin, fut le premier concessionnaire des Îles-de-la-Madeleine. Même si le colonel et commandant d'artillerie Richard Gridley, et ses fils, ont fait cette demande précédemment et pendant plus de 17 ans, ils n'ont pu obtenir qu'un permis d'usage des terres.

Né à Boston en 1759. Isaac a un frère du nom de John. Ce dernier fut un homme politique influent, un homme d’affaire prospère, juge, fonctionnaire et important propriétaire foncier du Nouveau-Brunswick.

Officier dit compétent et efficace, Isaac commande plusieurs bâtiments au large de Terre-Neuve, sur la côte du Labrador, en Virginie et aussi aux Antilles. Les nombreuses décorations et promotions qu’il reçoit témoignent de ses aptitudes. En 1786, il commande  le  «Thisbe» qui ramène au Canada le Général Britannique Guy Carleton, premier baron Dorchester, nommé pour la deuxième fois gouverneur du pays. Après avoir abandonné la marine à cause d’une blessure, Isaac Coffin sera au service de l’Angleterre, en Écosse puis en Corse.

En 1798, Georges III  accède à sa demande et lui concède officiellement les Îles-de-la-Madeleine : il est alors en service commandé à  Minorque, une île coloniale britannique des Baléares. Un an plus tard, soit en 1799, Coffin est chargé des réformes à apporter au chantier maritime de Halifax. En 1800, il retourne en Angleterre ou il cumule titres et décorations ; il y sera d’ailleurs fait officier général ainsi que député. Il décèdera en 1839, à Cheltenham, en Angleterre.

Bien que n’ayant fait qu’une seule et unique visite aux Îles-de-la-Madeleine, soit en 1806, ce premier concessionnaire qui a obtenu le titre de seigneur des Îles en promettant d'enrayer le florissant commerce illicite de la chasse aux morses et pêcheries du Golfe perpétré par les américains,  y a tout de même laissé sa marque. C’est lui qui, en 1815, fit frapper le « Magdalen Island Token », un jeton de deux sous qui fut alors surtout utilisé en Nouvelle-Écosse ; les madelinots avaient alors rejeté cette pièce de monnaie. Il fut aussi l'instigateur d'un billet de banque au nom de la Magdalen Islands Bank. À la mort d’Isaac Coffin, la concession sera transmise au sein de la famille Coffin jusqu’en 1902 ou à partir de ce moment, ce sont des particuliers et des compagnies qui en seront concessionnaire.


En 1958, grâce à la  persistance de Hormidas Langlais, député unioniste des  Îles-de-la-Madeleine sous le gouvernement de Maurice Duplessis, la loi favorisant le rachat des rentes constituée aux « Îles-de-la-Madeleine » est votée, mettant ainsi un terme à la question de la tenure des terres de l’archipel. Un modèle des contrats de location des terres qu'Isaac Coffin faisait signer aux Madelinots par l'entremise de son agent John Fontana est visible dans cet autre article.


Note:  D'autres précisions sur sa biographie sont disponibles sur le lien de l'encyclopédie Wikipédia et le chercheur trouvera plusieurs références sur site du Dictionnaire bibliographique du Canada en ligne et dans le livre 1793-1993, deux siècles d'Histoire, de l'auteure Chantal Naud. 

Autres références:

Collections du Centre d’archives régional des Îles :
The Magdalen Islands Token the Canadian Numismatic Journal, June 1963.
Turbide, François et Chantal Naud. Une page d’histoire, vol. 1 no 1, Îles-de-la-Madeleine, 24 avril 1998.


Topo web : www.numicanada.com et www.museumvictoria.com.au



vendredi 16 décembre 2011

Éphéméride... 16 décembre - Vente des Îles par Coffin


16 décembre 1902 :

Vente de la concession des Îles par Isaac Tristan Coffin, descendant de l’amiral Isaac Coffin, à W. G. Trait et al.  

Source : Collection Raynald F. Cyr

Déjà en 1822, l’amiral Coffin cherchait à se départir des Îles comme en fait foi une copie d’une lettre à Lord Bathurst vendue aux enchères en 2009 et faisant partie d’une collection privée des Îles


Notons qu’en 1903, c’est la Magdalen Island Company qui en faisait l’acquisition et en 1911, la Eastern Canada Fisheries. Au moment du rachat de cette dernière compagnie en faillite par William Leslie Cie, en 1924, c’est l’avocat Maurice L. Roy qui achète la concession des Îles.   

En 1948, c’est Aaron David Paltiel qui sera le dernier seigneur des Îles par son achat des titres qu’il gardera durant 10 ans avant de les revendre au Gouvernement du Québec pour 75 000 $.


Dans un texte historique de l’Assemblée nationale, on rappelle l’histoire * du régime des terres des Îles mais on semble dire que le dernier propriétaire, M. Paltiel avait acheté les droits d’un héritier de la famille Coffin, mais il semble plutôt que plusieurs entreprises et individus ont pu les exploiter en partie avant cette transaction :


*  Depuis 1798, les terres occupées aux Îles-de-la-Madeleine appartenaient, par lettres patentes du roi, à l’amiral Isaac Coffin. Les Madelinots étaient donc rentiers sur leurs propres terres, puisque les titres que Coffin avait fait signer à leurs ancêtres ne pouvaient être rachetés. Une loi du gouvernement Taillon, datée du 12 janvier 1895, avait voulu permettre aux habitants de racheter leurs terres, mais la plupart ne possédaient pas le capital nécessaire pour se sortir de leur état de rentiers. Le 18 décembre 1958, le premier ministre est fier d’apporter son aide aux insulaires en voyant le lieutenant-gouverneur apposer la sanction royale sur le bill 20, proposant le rachat des baux emphytéotiques à leur propriétaire, le constructeur montréalais Aaron D. Paltiel, qui les a rachetés d’un héritier de Coffin en faillite. Par cette loi, le gouvernement se porte acquéreur de tous les titres pour la somme de 75 000 $ et offre aux rentiers de racheter leurs terres moyennant le paiement de 45 % du capital correspondant.