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mercredi 10 mars 2021

Éphéméride... mars 1998 - La Mi-Carême aux Îles - archives du Fonds CTCF-TV

Le Centre d'archives régional des Îles présente un extrait du fonds AO1 CTCF-TV (Télévision communautaire des Îles 1986-1999). La Mi-Carême est une activité traditionnelle des Îles-de-la-Madeleine et cet extrait de mars 1998 - une réalisation de France Arseneau pour CTCF-TV - rend hommage à ceux et celles qui ont perpétué cette tradition.

On retrouve sur cet extrait, Monsieur Gérard Leblanc et les regrettés, René Chevarie, Théosie Leblanc, Denise Bénard et Georgine Cummings. ____________________________
Le fonds AO1 fait l'objet d'un traitement visant la numérisation, la conservation et l'accessibilité d'archives audiovisuelles uniques aux Îles-de-la-Madeleine, grâce au programme PCPD de Patrimoine Canada.





samedi 5 septembre 2020

Éphéméride du 5 septembre - Ordre de déportation des Acadiens en 1755

 


Le lieutenant-colonel John Winslow lit en anglais la proclamation de déportation aux 418 hommes et jeunes garçons convoqués dans l'église Saint-Charles-des-Mines de Grand-Pré. C'est un huguenot bilingue du nom de Isaac Deschamps qui sert d'interprète.  La photo illustre la croix de 4 mètres de fer malléable dressée à Grand-Pré (N.É.) en 1924, sur le premier site identifié comme celui de l’embarquement.  De style gothique, elle porte l'inscription « Le lit desséché du crique que l'on aperçoit dans le pré à quelques pas d'ici est l'endroit où furent embarqués sur les chaloupes, les victimes du Grand Dérangement de 1755 pour être transbordées sur les transports ancrés dans le bassin des Mines ».  L’analyse historique des aboiteaux a permis depuis, de confirmer que, contrairement à ce que la croix annonce, c'est à la « Pointe Noire » (Horton Landing) sur la rive de la rivière Gaspereau, que l'embarquement de 1755 s'effectua.  La Croix de la Déportation fut donc déplacée en 2005 à cet endroit. Aussi, comme le rappelle Les amis de Grand-Pré : « à cet endroit la plage est formée par de l'ardoise ou du schiste argileux (…) offrant un trottoir solide pour l'embarquement. » Les historiens estiment que plus de la moitié des 12 600 acadiens déportés (sur une population de 13 500), périrent durant ou des suites de ces voyages.

 

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Collections du Centre d’archives régional des Îles (CARDI)

 

Image : Croix de la Déportation, année inconnue. Collection AC1-S25.

Source: DeGrâce, Claude. (2005). La Croix de la Déportation. - Historique. La Petite Souvenance. Repéré à

http://amis-de-grand-pre.ca/accueil/accueilcroix.htm

Souvenirs d’Amérique française. (2013). L'Ordre de déportation. [Facebook]. Repéré le 3 septembre 2013 à

https://www.facebook.com/permalink.php?story_fbid=610884372268303&id=503220633034678

mercredi 25 juillet 2018

Régionalisme aux Îles-de-la-Madeleine... De Massignon à Chantal Naud

Geneviève Massignon (1921-1966)
Centre d'études acadiennes PA 1-2089
Parmi les témoins privilégiés cité dans son mot de reconnaissance, l'auteure du Dictionnaire des régionalismes des Îles de la Madeleine, Chantal Naud, n'hésite pas à nous rappeler l'importance des travaux de Geneviève Massignon * venue aux Îles en 1946 pour effectuer une vaste enquête linguistique sur la langue acadienne. Celle-ci rencontre alors des Madelinots et entretient une correspondance avec le linguiste Hector Carbonneau et l'inspecteur d'écoles Paul Hubert, qui lui permettent d'obtenir d'intéressantes données sur la langue des Îles.

Pour lire une excellente biographie de madame Massignon qui disait qu' « on ne peut mieux saisir l'affiliation du parler acadien, qu'en l'étudiant de pair avec l'origine et l'implantation des colons français qui ont été installés dans l'Acadie primitive », il faut impérativement lire le texte d'Anselme Chiasson sur Cyberacadie

Ainsi, ses travaux mettent en relief plusieurs mots encore utilisés dans certaines régions de France et entendus fréquemment aux Îles de la Madeleine. En voici quelques exemples pris au hasard dans le dictionnaire de Chantal Naud:

Flâtre (adj.) (De l'ancien français flaistre, flasque, flétri; du latin. flaccidus, mou) - Flétri, flasque, sans vigueur; aux Îles le mot s'entend autant pour désigner les choses que les personnes. Massignon mentionne son usage à Brie, Bas-Berry, Centre

Prime (adj.) - Bien aiguisé; tranchant. Massignon mentionne son usage à Saintonge pour signifier tranchant, affilé. On connait également un sens figuré  pour : vif; alerte; d'esprit éveillé; sensible.. «je suis prime au froid» (Poirier, loc. cit.) et pour : Qui s'enflamme vite : « Du bois prime » (Chiasson, 1981 : 47)


Références:
Naud, Chantal. Dictionnaire des régionalismes des îles de la Madeleine, Québec/Amérique, 2012. 310 p.

Massignon, Geneviève. Les Parlers français d'Acadie, tomes 1 (p.1-484) et II (p.485-980), Paris, Éditions C. Klincksieck, 1962, 980 pages.

Topoweb: http://cyberacadie.com/cyberacadie.com/index53c0.html?/renaissance_biographie/Genevieve-Massignon.html consulté le 23 juillet 2018



dimanche 27 septembre 2015

Éphéméride... 27 septembre: 5 louis pour l'éducation de 10 acadiens

27 septembre 1868:  

Dans son testament Alexis Bélanger, prêtre, donne 5 louis à chacune des missions des Îles et recommande de faire instruire 10 jeunes Acadiens de ces missions.

Notons qu'un louis vaut 5 francs français en 1868, ce qui donne 25 francs par mission et équivalait à une grosse somme pour l'époque.

lundi 3 août 2015

Les 250 ans d'histoire des acadiens des Îles-de-la-Madeleine ou la date historique du 3 août 1765

3 août 1765:

Signature, par 17 Acadiens et 5 Canadiens, du serment d'allégeance au Roi d'Angleterre. Les signataires étaient engagés par Richard Gridley pour la chasse à la vache marine et au phoque.


Les 250 ans d'histoire des acadiens des Îles-de-la-Madeleine ou la date historique du 3 août 1765

La date de signature du serment d'allégeance des engagés de Richard Gridley correspond au 3 août 1765. C'est aussi en 1765 que Samuel Holland, arpenteur général du district nord de l'Amérique du nord, effectue un voyage d'exploration aux Îles et produit un rapport sur les activités qui s'y produisent. C'est sans nul doute ce qui permet de situer au moins à 250 ans l'arrivée des premiers résidents des Îles sur une base permanente.

Mais comme plusieurs marchands, dont par exemple, les frères Antoine et Joseph Pascaud étaient déjà engagés depuis plusieurs années aux Îles, il est fait mention dès 1734, et même avant, de la présence régulière de canadiens engagés pas ces derniers. Il semble tout à fait possible selon la tradition orale et quelques écrits du XiXe siècle, que les Îles étaient déjà occupées de façon permanente avec des chasseurs autonomes ou engagés des concessionnaires français. De plus, un nombre croissant d'acadiens ont devancé le Grand Dérangement et fuit l'Acadie et St-Pierre et Miquelon où ils s'étaient également réfugiés dès les premières hostilités. Il ne faut pas oublier que dès 1714*, les îles sont visitées par des missionnaires venus aider les pêcheurs qui s'y trouvent

En 1757, l'officier retraité de l'armée britannique Gridley, ancien compagnon d'arme du Général Wolfe aux plaines d'Abraham, conçu le projet d'établir la formation d'un lieu de chasse et pêche destiné à l'exportation, particulièrement des produits de la chasse aux morses qui déclinait mais était extrêmement lucrative. En 1761, il amène avec lui aux Îles-de-la-Madeleine, des "acadiens réfugiés" qui avaient échappé aux déportations et dont il savait posséder une certaine expertise dans cette chasse. Certains d'entre eux, dont deux frères Arseneau, auraient même été prisonniers et libérés par le fait même grâce aux activités de Gridley. Celui-ci se sert d'eux pour exploiter les ressources qui s'offrent à lui en pleine guerre. C'est à Havre-Aubert que l'établissement principal de Gridley s'installe avec les colons mais les activités printanières de chasse se font surtout dans des postes situés à la Pointe de l'est, à la Grande-échouerie (Sea Cow Path), et à l'automne, à la petite échouerie de l'ouest (Gros-Cap) et celle de Pointe-Basse. On peut voir une carte situant le poste principal de Gridley à Havre-Aubert, dans le livre de Pauline Carbonneau (Découverte et peuplement des Îles-de-la-madeleine) et le lieux des autres postes sur la carte de Samuel Holland (1965)

L'auteure Pauline Carbonneau présente quatre pages de son livre spécifiquement sur les engagés de Gridley. Puisant entre autre sa source des écrits de son père et des textes généalogiques de Rose-Délima Gaudet, elle y présente les premiers habitants comme dix Arseneau, un Doucet (Ducette) et un Desroches (De Ruche), deux Poirier de Malpèque, quatre Boudreau (Budero) de l'Ile St-Jean et du Cap-Breton, trois Haché (Gallant) et un Chiasson de St-Pierre du Nord. Conservés par la tradition orale, un Snault (Arseneau) d'origine marseillaise, un Noël de l'Île Jersey et un Therriau sont ajoutés à la liste des écrits traditionnels par Rose-Délima Gaudet. On apprend que ces trois hommes se fixèrent à l'Échouerie de Pointe-Basse où Gridley avait des employés. celles-ci furent abandonnées à trois anglais d'Argyle (Baie Ste-Marie) qui se voudraient donc les premiers anglophones à se fixer aux Îles: James Clarke, Georges Goodwin et John Rankin.


Comme Gridley doit constamment convaincre les autorités britanniques que les acadiens et Micmacs embauchés aux Îles ne bénéficient pas d'un traitement de faveur, c'est le serment d'allégeance signé le 3 août 1765 par ses 22 engagés ( 17 acadiens et 5 canadiens), qui servira à imposer une date d'installation définitive aux Îles-de-la-Madeleine.



En 1777, un journal des activités de chasse et pêche du contremaître de Gridley, conservé au Musée du Nouveau-Brunswick, rapporte les événements journaliers de ces saisons de chasse. On y fait mention des Français Charles Boudrot, Antoine Arseno, Joseph Boudrot, Joseph Chiasson et Pierre Le pierre. En voici une partie traduite par Jeannot Poirier:



Mardi premier juillet 1777
Bonne brise du SW et beau temps
Personnel employé comme d`habitude.
Chassé les vaches marines avec le Redland.


Mercredi 2
Brise légère du SSW et temps clair.
Le Redland est descendu.
Personnel employé à couper les broussailles.


Jeudi 3
Brise fraîche du SW et temps clair
Personnel employé comme d’habitude.


Vendredi 4
Coup de vent du SW et temps clair
Personnel employés à couper les broussailles pour le jardin.


Samedi 5
Coup de vent frais du SW et le temps par rapport à la nuit dernière a été semé d’averses. Personnel employé à enlever les broussailles pour le jardin.


Dimanche 6
Vent faible du NW et temps clair vers le soir. Gros nuages avec quelques averses




* Félix Pain, premier missionnaire

Références: 

Capsules historiques apparaissant sur le blogue du Centre d'archives régional des Îles depuis 2013: textes compilés par Hélène Chevarie, archiviste et Simon Boudreau, historien et archiviste au Musée de la Mer.

Fortin, Jean-Charles et Paul Larocque. Histoire des Îles-de-la-Madeleine, IQRC, 2003, p.75-79

The Burke chronicles edited by Ernest MacDonald, 2007, p.225

Arsenault, Bona. Histoire des Acadiens, 1966, p. 104

Eccles, J. W. «Guerre de Sept Ans». In L’encyclopédie canadienne. Toronto : Historica-Dominion.

Poirier, Michel. Les Acadiens aux îles Saint-Pierre et Miquelon. Moncton : les Éditions d’Acadie, 1984, p.7, 46 et cartes p. 23-25

Carbonneau Pauline. Découverte et peuplement des Îles de la Madeleine, Humanitas, 2009, p.65-72.

Falaise, Noël. Les Îles-de-la-Madeleine sous le régime français, Revue d'histoire de l'Amérique française, vol. 4 no 1, 1950, pp.17-18

GAUDET SR, Rose-Delima. La place de l’Église catholique aux Îles-de-la-Madeleine. Sessions d'étude-Société canadienne d'histoire de l'Église catholique, 1979, vol. 46.

GAUDET, Placide. Le Grand Dérangement : Sur qui retombe la responsabilité de l'Expulsion des Acadiens, Ottawa, Ottawa Printing, 1922, 84 p. (disponible en PDF)


Traduction libre du document "The marriages of Les Iles-de-la-Madeleine 1794-1900 du Père Dennis M. Boudreau, 1980.





dimanche 2 août 2015

Juste avant le Grand Dérangement en 1755... et à l'arrivée des premiers colons

Embarquement des acadiens en 1755, Library and Archives Canada no 1972-26-587
En 1713, le traité d'Utrech met fin à la guerre entre la France et l'Angleterre. Les Îles demeurent possession de la France. En 1720, l'administration des Îles relève du gouverneur de Louisbourg. On peut se douter que durant cette période, les expéditions jusqu'aux Îles continuent de n'être consacrées qu'à la chasse aux morses et aux phoques comme du temps de la Compagnie des cent associés. 

Les frères Antoine et Joseph Pascaud, de La Rochelle, obtiennent en 1742 le privilège exclusif de cette chasse aux Îles, sous la supervision du gouverneur, après que le sieur Harenedé, de Louisbourg en eut le privilège exclusif de 1731 à 1734 et non exclusif jusqu'à sa mort en 1742.  Lors de la première visite des Pascaud, des Acadiens et Canadiens de Montmagny et Kamouraska étaient déjà là du temps du régime Harenedé, eux qui avaient pris l'habitude d'y venir chaque été pour le prélèvement d'huile et certains semblaient s'y être fixé vu l'absence de surveillance sous ce régime. Les Pascaud engagèrent ces émigrés mais lorsqu'ils sont repartis à La Rochelle, ces engagés durent abandonner les Îles durant le recrutement de l'armée de la guerre de Sept ans, après avoir vainement tenté d'en obtenir la concession. (Falaise 1950, p. 27). Durant cette domination française, il ne semble pas y avoir de missionnaires qui aient passé un hiver aux Îles, bien que le père sulpicien Charles-René de Bresley aidé du père Anselme Métivier les aient visité occasionnellement et avant eux, les Pères Capucins et Récollets Isidore Félix et Félix Pain.  Ce travail de missionnaire n'était pas facile puisque le reste de l'Acadie était de possession anglaise depuis 1713. (Gaudet 1979, p.100)

Cette période de relative accalmie ne sera pas maintenue. Les acadiens qui pensaient avoir trouvé la paix en signant des serments de neutralité seront l'objet d'une déportation massive en 1755.



Au milieu du XVIIIe siècle, le gouverneur William Shirley du Massachusetts exerçait une puissante influence sur toutes décisions d’importance prises par les autorités de la Nouvelle-Écosse. L'arrivée du nouveau gouverneur Charles Lawrence, reconnu pour son «caractère haineux et violent » et revenant à la charge contre les acadiens avec le serment d’allégeance envenime les relations avec les colonies pacifiques. Pour lui et ses conseillers, William Shirley et le juge Jonathan Belcher de Boston, le refus des Acadiens de la Nouvelle-Écosse de prêter le serment de fidélité au roi signifiait qu’ils avaient l’intention de prendre les armes aux côtés des Français et des Canadiens contre les troupes anglaises dans l’éventualité d’un nouveau conflit.

Il faut rappeler que les Acadiens occupaient les plus belles terres (propice à l’agriculture) de la Nouvelle-Écosse et que leur présence constituait un obstacle à l’établissement de colons anglais. De leur côté, les anglo-américains, en profitent pour se venger sur les Acadiens des attaques incessantes et des raids sanglants dont ils avaient souvent été victimes de la part des Français et leurs alliés autochtones.

Charles Lawrence donnent l'ordre de dispertion des Acadiens de la Nouvelle-Écosse dans diverses colonies anglaises d’Amérique, du Massachusetts à la Géorgie, afin d’empêcher leur retour ou leur ralliement aux forces françaises de Louisbourg. La déportation est dorénavant inévitable. Les premiers embarquements ont lieu vers le 10 août 1755 dans la région de Beaubassin. Lawrence ordonne qu’on brûle toutes les maisons, les églises et les récoltes. 

C’est ainsi qu’environ 2000 Acadiens sont déportés au Massachusetts, 700 au Connecticut, 300 à New York, 500 en Pennsylvanie, 1000 au Maryland, 1200 en Virginie, 1000 dans les Carolines et 400 en Géorgie . En plus, les colonies anglo-américaines n’ont pas été prévenues de l’arrivée massive d’exilés acadiens, sauf en Nouvelle-Angleterre. Les Acadiens souffrent alors des préjugés et de la haine qu’entretenaient à l’époque les puritains protestants envers les français catholiques. Au Massachusetts, certains enfants furent même arrachés de leur famille pour être distribués chez les colons anglais. La déportation se poursuit après la chute de Louisbourg en 1758. Les Acadiens de l’Île Royale (Cap-Breton) et de l’Île-Saint-Jean (l’Île-du-Prince-Édouard) sont capturés et envoyés en Angleterre et en France. En route vers l’Europe, deux navires, le Violet et le Duke William sombrent dans l’océan entraînant quelques 700 passagers , pour la plupart des Acadiens. À la veille du Traité de Paris en 1763, les Acadiens sont dispersés en Europe, dans les colonies américaines et au Canada, vivant dans des conditions misérables. Pendant que les Acadiens sont expulsés de l’Acadie, la guerre de Sept Ans fait rage sur plusieurs fronts en Europe, en Asie et en Amérique du Nord. 

En 1761, Richard Gridley un ancien compagnon de Wolfe aux Plaines d'Abraham en 1759, amène avec lui aux Îles-de-la-Madeleine, des "acadiens réfugiés" qui avaient échappé à ces déportations. Il s'en sert pour exploiter les ressources qui s'offrent à lui en pleine guerre. C'est à Havre-Aubert que s'installeront ces premiers colons.  La suite dans l'article à venir demain, jour de commémoration du serment.

Références: 

Textes du Centre d'archives régional des Îles et de Simon Boudreau, historien et archiviste au Musée de la Mer
 

Arsenault, Bona. Histoire des Acadiens, 1966, p. 104


Eccles, J. W. «Guerre de Sept Ans». In L’encyclopédie canadienne. Toronto : Historica-Dominion.
Poirier, Michel. Les Acadiens aux îles Saint-Pierre et Miquelon. Moncton : les Éditions d’Acadie, 1984, p.7, 46 et cartes p. 23-25
 
Carbonneau Pauline. Découverte et peuplement des Îles de la Madeleine, Humanitas, 2009, p.65-72.

Falaise, Noël. Les Îles-de-la-Madeleine sous le régime français, Revue d'histoire de l'Amérique française, vol. 4 no 1, 1950, pp.17-18







mardi 30 juin 2015

Éphéméride... 30 juin - Décès du père Addé Hubert en 1990


30 juin 1990 : 

Décès de Addé Hubert, père Eudiste. 

Né le 27 mars 1909 et ordonné en 1935, il fut à l'origine du pageant sur le bicentenaire acadien de 1955.

Il est aussi l'auteur de plusieurs écrits, dont l'Aperçu démographique du peuple acadien, publié dans l'Action nationale du 5 avril 1961, p. 698. Le chapitre dédié aux Îles de la Madeleine se trouve dans le vol. L, no.8. de cette même revue.

Collection AC1-S19 Centre d'archives régional des Îles - Bicentenaire acadien 1955



samedi 20 juin 2015

Éphéméride... 20 juin - La Médaille Léger-Comeau offerte à Georges Langford en 2015



Dans un communiqué émis le 20 juin 2015, la Société Nationale de l'Acadie (SNA) nous informe que la Médaille Léger-Comeau, la plus haute distinction offerte par le peuple acadien, à été décernée à monsieur Georges Langford, en soirée, sur la scène du Vieux-Treuil aux Îles-de-la-Madeleine (Québec).


Auteur-compositeur-interprète hautement respecté et estimé aux Îles-de-la-Madeleine, Georges Langford n'en est pas à son premier prix honorifique. Inutile de préciser que la liste indiquée plus bas ne saurait être complète.

Sa carrière débute aux Îles en 1965 avec l'ouverture de deux boîtes à chanson aux Îles (L'Astrid et Le Vieux quai), et sa reconnaissance prend une allure plus internationale en 1971 dès son premier succès "Arrangez-vous pour qu'il fasse beau", alors que sa musique sert de trame sonore au film "La noce n'est pas finie". Ce film, de l'acadien Léonard Forest de L'ONF, se déroule dans le village fictif de Lachigan et est une parabole de la transformation culturelle de l'Acadie. La même année, sa chanson "Le frigidaire" interprétée par Tex Lecor, est traduite en 10 langues. 

Difficile d'énumérer plus en détails une si longue carrière, nous pouvons affirmer que Georges Langford a participé à l'éclosion de la chanson acadienne et québécoise dès le début des années 70. Par la chanson et la poésie, il a exprimé la vie des gens d'ici, leurs arrivées, leurs départs, leur fière appartenance insulaire, le fil tissé serré des travailleurs de la mer, des usines et la réalité du travail saisonnier qui s'étend sur un territoire élargi, jusqu'à Montréal, les autres régions du Québec et des Provinces maritimes.

En 1975, il remporte le Prix de la ville de Spa au Festival International de la chanson en Belgique 
En 1992, il reçoit le prix littéraire Jovette-Bernier pour l'ensemble de son oeuvre.
En mars 1993, il recevait le Prix Rosaire-Vigneault de la Corporation culturelle Arrimage.
En 1994, il remporte le Prix Les classiques de la SOCAN.
En mars 2001, il remportait le premier prix du Concours international de poésie Ronald Gasparic en Roumanie.
En 2007, la chanson "Le Frigidaire" est classée classique au panthéon des auteurs-compositeurs canadien, faisant partie des 25 chansons interprétées lors du 4e gala annuel à Toronto le 28 janvier.
En 2013, il reçoit le Prix à la création artistique du Conseil des arts et lettres du Québec pour la région des Îles.

dimanche 7 septembre 2014

Éphéméride... 7 septembre - Décès du missionnaire Alexis Bélanger


Alexis Bélanger, prêtre missionnaire
Source: Fonds numérique du CARDI 
7 septembre 1868:

Décès de Alexis Bélanger (Voir biographie) à Baie Saint Georges (Terre-Neuve), à l'âge de 60 ans.

Il avait accompagné un groupe de Madelinots, soit les familles de Jean Cormier, Vital Chevarie, Fabien Lapierre et Isidore Vigneau) s'étant expatrié à cet endroit au printemps de 1850.

Arrivé aux Îles en 1839 et déterminé à y rester plus que son mandat de trois années obligatoires, il fut responsable de la construction de la première école des Îles, à Havre-Aubert, dès son arrivée. Il y avait 1380 habitants aux Îles à cette époque.

Source: Naud, Chantal, Îles de la Madeleine 1793-1993, Deux siècles d'histoire, Les Éditions Vignaud, 1993, Iles de la Madeleine, 240 p.

dimanche 30 juin 2013

De la juridiction de Terre-Neuve à celle de Québec, de Richard Gridley à Isaac Coffin...


1ière page du Traité.  Source: Archives du ministère français des Affaires étrangères
07 octobre 1763 : 

Le Traité de Paris met fin à la guerre de Sept Ans et réconcilie, après trois ans de négociations, la France et la Grande-Bretagne. Toutes les possessions françaises d'Amérique passent à l'Angleterre, sauf Saint-Pierre-et-Miquelon. Les Îles-de-la-Madeleine relève dorénavant de la juridiction de Terre-Neuve.

Richard Gridley avait déjà obtenu un permis temporaire en 1760 pour l'exploitation de la chasse à la vache-marine et la pêche et au moment de la signature du traité, on mentionne qu'une douzaine de familles y étaient installées.

Richard Gridley, colonel bostonnais et ancien compagnon de Wolfe, engage donc en 1761, 22 acadiens pour chasser et pêcher en ces Îles, annexées à Terre-Neuve jusqu'en 1774. Ces Acadiens n'acceptèrent de signer le serment d'allégeance permettant de le suivre qu'à condition de voir un prêtre les accompagner. La première démarche pour l'obtention d'un prêtre catholique aux Îles se fait donc par Gridley auprès de l'évêque de Québec. Comme on ne peut compter à l'époque que sur des prêtres européens, on doit attendre plusieurs années le passage d'un missionnaire occasionnel. De ce fait, les engagés maintiennent leur famille sur l'Île St-Jean jusqu'en 1774, année où les Îles sont annexées à Québec sous la nouvelle constitution de l'Acte de Québec. Les Pères spiritains offrent à partir de ce moment leur Ministère en faveur de l'Acadie. Le premier missionnaire régulier est donc le Père Thomas Leroux jusqu'en 1783. 

Sans église et sans demeure, c'est lui qui dans une lettre adressée au grand vicaire Gravé de la Rive, fut réduit, en plus de biens d'autres choses, à manger de la soupe à la vache-marine. (Gaudet, 1979, p. 101). De 1784 à 1793, c'est le Père William Phelan, un capucin, qui prendra sa mission. Les registres de baptêmes, mariages et sépultures de cette période furent presque tous détruits dans l'incendie de 1838 du presbytère d'Arichat, au Cap-Breton, dont il avait la cure depuis 1770.

Source: Découverte et peuplement des Îles-de-la-Madeleine, p.72
Tracée en 1960 par Pierre-Cornélius Carbonneau, la carte suivante est tirée du livre de sa fille Pauline Carbonneau (Découverte et peuplement...) cité en bas de page. Cette carte tente d'illustrer, d'après les lots de terrains des premiers habitants situés sur la Grave, l'emplacement des premiers colons engagés par Gridley.

L'auteure Pauline Carbonneau présente quatre pages de son livre spécifiquement sur les engagés de Gridley. Puisant entre autre sa source des écrits de son père et des textes généalogiques de Rose-Délima Gaudet, elle y présente les premiers habitants comme dix Arseneau, un Doucet (Ducette) et un Desroches (De Ruche), deux Poirier de Malpèque, quatre Boudreau (Budero) de l'Ile St-Jean et du Cap-Breton, trois Haché (Gallant) et un Chiasson de St-Pierre du Nord. Conservés par la tradition orale, un Snault (Arseneau) d'origine marseillaise, un Noël de l'Île Jersey et un Therriau sont ajoutés à la liste des écrits traditionnels par Rose-Délima Gaudet. On apprend que ces trois hommes se fixèrent à l'Échouerie de Pointe-Basse où Gridley avait des employés. celles-ci furent abandonnées à trois anglais d'Argyle (Baie Ste-Marie) qui se voudraient donc les premiers anglophones à se fixer aux Îles: James Clarke, Georges Goodwin et John Rankin.

Le régime Gridley, favorable aux souhaits des acadiens qui maintiennent leur foi, se veut plus humain que celui qui suivra en 1787 avec l'officier de la marine américaine Isaac Coffin. Pendant trois générations de ce régime de Coffin (l'oncle, le neveu et le petit-neveu), sans aucune organisation civile et scolaire pour les guider et avec un seul prêtre pour les défendre, l'exode de nombreux acadiens des Îles se poursuit avec quelques immigrations, heureusement.



Références: 

Stuart R. J. Sutherland. "Richard gridley" dans Dictionnaire biographique du Canada en ligne, 1771-1800 (Volume IV), consulté le 4 octobre 2012.

vendredi 30 novembre 2012

Généalogie des Boudreau

Tout en mentionnant le nom des premiers Boudreau arrivés aux Îles, nous trouvons important de parler de l'immense apport à la généalogie par un descendant de ce même patronyme : monsieur Dennis M. Boudreau

En citant les nombreux événements qui lui sont arrivés lors de ses compilations des registres et recherches échelonnées sur plusieurs années, Monsieur Boudreau disait ceci:

BOUDREAU, Nathaël, décédé à 101 ans le 30 novembre 1955,
époux de feu Constance Vigneau, Havre-Aubert
"Je crois que nos ancêtres veulent que nous les trouvions, et ils veulent aussi que nous nous souvenions d’eux pour raconter leur histoire. En utilisant ce dictionnaire  généalogique comme guide vers les sources mêmes de notre histoire, j’espère que vous pourrez voir l’image complète de leurs vies avec, comme résultat, la découverte de la richesse de notre héritage!

Nous invitons les personnes passionnées par leurs ancêtres à consulter ce même précieux héritage que nous laisse Monsieur Boudreau. 



LIGNÉE 1 
MICHEL – “MIQUETAU” BOUDROT (à Abraham) est né à Port-Royal en Acadie vers 1689 et s'est marié deux fois, dont la première le 22 janvier 1714 à Port-Royal, à ANNE LANDRY (à Claude), décédée vers 1727. Trois des enfants de ce mariage sont les ancêtres d'une première lignée de Boudreau des Îles, soient Joseph - "Castor", Jean - "Miqueteau" et Charles - "Madouesse".

LIGNÉE 2

FRANÇOIS – “MANNE” BOUDROT (à Abraham) est né à Port-Royal, Acadie vers 1692; marié à JEANNE LANDRY (à Claude) à Port-Royal  [église St-Jean-Baptiste] le 11 janvier 1717, décédé aux Îles après 1765. Ils eurent 15 enfants dont trois fils : Joseph, Charles et François, qui sont les ancêtres de la deuxième lignée de Boudreau des Îles.   
BOUDREAU Marine, 1826-1910

Premier mariage d'un Boudreau aux Îles: Leur dernier-né François, est le premier Boudreau apparaissant au registre de mariages de Havre-Aubert, vers 1772. Il épouse Marie BOUDROT (à Joseph & Marguerite Chiasson). 

Le premier baptême d'un Boudreau aux Îles: Celui du petit-fils de François, nommé Jean, né à Havre-Aubert le 27 décembre 1769.

Sur la photo, Nathël BOUDREAU (à Louis à Louis-Jean-Marie à Louis à Charles à François) est un des descendants de ce François, dit "Manne" Boudrot, de même que Marine Boudreau (à Jean-Baptiste à Joseph à Joseph à François à Abraham).

Note:  Marine BOUDREAU est décédée à 87 ans, le 12 août 1910. Elle a épousé le  1er septembre 1846 à Havre-Aubert, Joseph-Edmond Chevrier, un ancien patriote arrivé aux Îles en 1838, dont la mère est justement une Riel, soit Marie-Josèphe.

Références:

  • Boudreau, Dennis, Dictionnaire généalogique des familles des Îles-de-la-Madeleine 1760 - 1948, Société de généalogie de Québec, contribution no 96 CD 2003, 3912 p.
  • Collection d'anciennes cartes mortuaires