Aucun message portant le libellé 1875. Afficher tous les messages
Aucun message portant le libellé 1875. Afficher tous les messages

dimanche 29 novembre 2020

Une fin de novembre funeste en 1875

Nous avons décrit la nuit tragique du 28 novembre 1871, qui a entrainé dans la mort 15 marins. Mais nous ne pouvons passer sous silence le mois de novembre de 1875, il y a 145 ans, alors que trois goélettes des Îles ne sont jamais revenues faisant cette fois au moins 18 victimes. Elles étaient parties chercher des denrées pour subvenir aux besoins de l’hiver qui arrivait. C’est le SS Newfield du Gouvernement canadien qui prit la relève des bateaux perdus, le 2 décembre suivant. 

La liste des personnes perdues en mer est établie en grande partie grâce à Dennis M. Boudreau (1), même si elles ne sont pas enegistrées dans les registres paroissiaux consultés.

 

L’ESPÉRANCE – goélette de 51 tonneaux avec 12 membres d’équipage (5 pertes de vie)


Dominique Gaudet en 1871
Fonds AP13 Simone Gaudet

La goélette L’Espérance fait naufrage au Cap Breton, le 17 novembre 1875. Propriété de David Lapierre, cette goélette fut construite aux Îles-de-la-Madeleine. Partie d’Halifax vers les Îles, elle a terminé sa course près des rochers de Chimney Corner (Inverness Country). Les survivants ont dû gravir les rochers abrupts du lieu du naufrage. Une lettre de Wilfrid Renaud [1], petit fils du survivant Théodore Renaud, permet de préciser des détails de la tragédie.  Il en est de même par la lecture du Huitième rapport annuel de la Marine et des Pêcheries pour l’année 1875. Selon les dires du survivant, L’Espérance avait à son bord 8 membres d’équipage. Le rapport annuel en mentionne 12. La goélette appartenait au capitaine David Lapierre, un jeune célibataire. 



Liste des décès de L’Espérance :

  1. Dominique GAUDET, époux de Sophronie Briand
  2. Joseph-Théodore RENAUD, époux de Victoire BOUDREAU et oncle de l’autre Théodore Renaud, qui a survécu
  3. Noël LEBEL, époux de Pélagie CHIASSON et père de Daniel Lebel[2
  4. David Lapierre, capitaine
  5. Hilaire Doucet, fils de Antoine Doucet, âgé de 18 ans

Liste des survivants de L’Espérance :

  1. Théodore Renaud, grand-père du témoin Wilfrid.
  2. Onézime Gaudet, frère de Dominique et beau-père de William Vigneau
  3. Casimir Arseneau, grand-père de Maria, épouse d’Avila Chevrier


Théodore Renaud a raconté plusieurs fois à son petit-fils le récit de ce naufrage. Il est décédé en 1929 alors que Wilfrid avait 15 ans. Une partie de son récit apparait tel que dans la lettre du 19 mai 1986, adressée à son cousin Léopold Brophy :

 

Vers 4 heures du matin au moment du naufrage grand-père, Noël Lebel et Hilaire Doucet étaient en bas. Noël Lebel n’a pas voulu monter sur le pont, il a préféré mourir en bas et Hilaire Doucet a resté avec lui. Mon grand-père ne savait pas nager, il a monté en haut. Au même instant un brisant l’a jeté à la mer et un autre l’a jeté sur les galets, ils se sont retrouvés tous les trois ensemble, lui, Onézime G. et Casimir Arseneau, dans le cap avec la mer à leur verser sur le dos et en pensant aux autres. Ils ont passé 2 heures là. Le temps était long, pensant d’être emporté d’un instant à l’autre par les vagues. Vers 6 h du matin, ils ont monté. Casimir un petit bout, ensuite Onézime Gaudet, et c’est mon grand-père qui a monté le dernier et avec assez de misère. Ils ont réussi étape par étape à monter sur le cap (…) C’était à Magaret Cap-Breton qu’ils ont fait naufrage et Avila Chevrier m’a raconté que ton grand-père Léoni P Gaudet avait été là qu’il avait acheté une tombe et l’avait fait poser au cimetière. Je te promets que si j’ai encore l’occasion de passer par-là j’irai voir si je peux retrouver des souvenirs.

Ton ami Wilfrid

 P.S. Raconté par Théodore Renaud à Avila Chevrier 90 ans et à son petit-fils Wilfrid qui a 72 ans.

 


Documents de la session de la Puissance du Canada- 1876, (Volume 9, no.4, Documents de la session 5) page 51/315 

  

STELLA MARIS – goélette de 52 tonneaux (6 pertes de vie)

La goélette à deux mâts, Stella Maris, fait naufrage le même jour à Grande-Anse, Cap-Breton, en partant d’Halifax vers les Îles. Ce bateau, construit également aux Îles deux ans plus tôt, était la propriété de Zéphirin Arseneau, de Pointe-Basse. La Stella Maris fut retrouvée renversée, la quille en l’air, sur le côté d’un rocher. Ses écoutilles étaient fermées et son cargo intact, mais malheureusement, les six ou sept membres de l’équipage furent trouvés sans vie sur la plage. Nous n’avons pas ces noms, absents des registres.

 

Documents de la session de la Puissance du Canada- 1876, (Volume 9, no.4, Documents de la session 5) page 50/315  

 

PRESIDENT – goélette de 40 tonneaux (6 pertes de vie)

Propriété de Jean-Baptiste Painchaud et construite à La Heve, N.É., elle sombre le 11 novembre 1875 à Grande-Anse, Cap-Breton, en se rendant à Halifax. On déplore le décès des 7 membres d’équipage. Une pierre tombale, gravée au nom des naufragés de Havre-aux-Maisons, fut installée dans le cimetière de Pleasant Cove en Nouvelle-Écosse. La pierre se trouve près de la baie où la goélette a fait naufrage.

L’histoire de cette tragédie se trouve dans le livre de Paul Hubert : Les Iles de la Madeleine et les Madelinots. On retrouve également une description en anglais par Dennis M. Boudreau, descendant d’un des marins décédés, Samuel Cormier.[3]

 

Photo: Ronald Turbide

 Liste des décès de la President :

  1. Eugène Turbide, fils de Bénoni, époux de Marie Hubert, mort gelé des suites du naufrage après avoir lutté pour monter la falaise. Il avait 12 enfants âgés de 1 à 20 ans.
  2. Alexandre Turbide, fils aîné d’Eugène et Marie Hubert, mort dans les mêmes circonstances
  3. Samuel Cormier, fils de Nicolas et époux de Philomène Turbide, père de 4 enfants de 1 à 10 ans
  4. André Desjardins, fils de Jean-Baptiste et époux d’Henriette dit Archange Turbide. Il avait 10 enfants, âgés de quelques mois à 18 ans.
  5. Antoine Lafrance, fils célibataire de Joseph et Sophie Bilodeau
  6. Alfred Bourgeois, fils de Ferdinand et époux de Victorine Lapierre

  

MARIE-ANNE – goélette (1 perte de vie)

Après être presque entrée en collision avec la goélette Espérance à 4 heures du matin, la goélette Marie-Anne, conduite par le capitaine François Thériault, tente d’alerter leur équipage: ils ont fait une fausse manœuvre et se dirigent sur les côtes du Cap-Breton. Peine perdue, l’Espérance heurte un galet, une demie heure plus tard. La Marie-Anne s’en tire, mais un des marins est emporté par un brisant :

Décès : 

  1. Grégoire Chevarie, époux de Victoire Thériault. Celle-ci est enceinte de huit mois.


Les goélettes Painchaud et Flash s’échouent la même nuit, le long d’une plage près de Scatarie Island. La goélette Arctique, propriété de Nectaire Arseneau, évite de peu les rochers. Son équipage est également sauf.

Le retour des survivants au port de Havre-aux-Maisons, le 15 décembre 1875, est une scène de désolation, selon l’auteur Paul Hubert. Il s’est fait décrire le récit par son propre père.




 

1. FONDS AP13. Simone Gaudet. Chapitre 2 : Les Gaudet du Bassin dans La vie de Donalda, 2003. Non paginé.

2. Daniel Lebel a connu une fin tragique aussi.

3. Boudreau, Dennis M. « Then the Sea Gave Up Her Dead…, » [Maritime Disasters : Samuel Cormier and the Snowstorm of 1875], JE ME SOUVIENS, Vol. VI, # 1, Spring 1983, pp. 11-48.

BOUDREAU, Dennis M. Dictionnaire généalogique des familles des Îles-de-la-Madeleine, Québec, 1760-1948, 2001.

FONDS AC1 CENTRE D’ARCHIVES RÉGIONAL DES ÎLES. Liste condensée des naufrages du Centre d’archives régional des Îles, 2011

GOUVERNEMENT DU CANADA. Bibliothèque de Pêches et Océans Canada (consultée le 29 novembre 2020) https://waves-vagues.dfo-mpo.gc.ca/Library/40783339_1875.pdf 

HUBERT, Paul. Les Îles de la Madeleine et les Madelinots p. 153-156.

DE L’ORME, Jean-Claude et Avila LEBLANC Histoire populaire des Îles de la Madeleine. p. 119-122.

LANDRY, Frédéric. Dernière Course, La Boussole, 1989

 

Note : Le XIXe siècle, journal quotidien politique et littéraire écrit qu’une dépêche de Québec rapporte le naufrage de 6 navires et 62 décès

 

 

 

 

 


mardi 24 octobre 2017

Éphéméride 24 octobre ... Église Notre Dame de la Visitation


24 octobre 1875 :

Bénédiction de la nouvelle église Notre Dame de la Visitation à Havre-Aubert, bâtie sous la cure de l'abbé Charles-Nazaire Boudreau. 

Source: CP-7552 CON Collection BANQ Église et presbytère de
Havre-Aubert_Detail d'une carte postale
Celui-ci, à qui l'on doit également la construction du presbytère de Havre-Aubert (démoli en 1983) et de la première église de Bassin en 1873, est décédé le 14 juin 1888 et fut inhumé sous les voûtes de l'église de Havre-Aubert. Au moment de sa démolition en 1961, on déplaça son corps au pied de la croix du cimetière paroissial au cours d'une importante cérémonie.

____________________

Références:Naud, Chantal, Îles-de-la-Madeleine, 1793-1993, Deux siècles d’Histoire, Les Éditions Vignaud, 1993, pp. 57-71
 

jeudi 16 février 2017

Éphéméride... 16 février - Première assemblée de la Municipalité de Havre-aux-Maisons en 1875

16 février 1875  :

La première assemblée générale de la Municipalité de Havre-aux-Maisons dite à l'époque, Municipalité d’Allright, a lieu à la maison de l’école no 2.

Voir la création des nouvelles municipalités des Îles, le 15 février 1875, sur l'article suivant.

Source: Premier registre des délibérations de la Municipalité d'Allright (Havre-aux-Maisons) 

dimanche 15 février 2015

Éphéméride... 15 février - Premières municipalités des Îles

Source: Centre d'archives régional des Îles - Détail d'une carte postale de Havre-Aubert.

15 février 1875 :


Érection des premières municipalités des Îles, (Étang-du-Nord, Havre-Aubert, Havre-aux-Maisons).

Municipalité de Havre-Aubert: Les paroisses de Bassin et l’île d’Entrée relèvent alors de cette municipalité. Charles-É. Chiasson est le premier maire et Edmond Brasset, le premier secrétaire-trésorier.



Municipalité de Havre-aux-Maisons. Elle englobe tout l’est des Îles. Le premier maire est Charles Chiasson (celui-ci décède en 1881 sur le Rocher-aux-Oiseaux, où il était gardien de phare).
Municipalité de l’Étang-du-Nord. Elle comprend le Barachois (Fatima) et Cap-aux-Meules. Le premier maire est Nectaire Arsenault.

Notons que le 1er janvier précédent (1875), était créé le conseil de comté regroupant les Municipalités distinctes (dont la création est officialisée le 15 février suivant). Charles-É. Chiasson était le premier préfet, Édouard Borne, le registrateur; Nectaire Arsenault et Charles Chiasson, les conseillers. Depuis 1847, les municipalités dites de paroisse étaient remplacées par des municipalités de comté. Celle des Îles de la Madeleine était une entité couverte par le comté de Gaspé. C’est Havre-Aubert qui en était le chef-lieu couvrant l’ensemble du territoire des Îles. C'est jusqu'en 1855, que la Municipalité fut rattachée au comté de Gaspé pour devenir elle-même une municipalité de comté nominale, soit sans élection. La première élection à cette municipalité des Îles fut en 1861. Charles-É. Chiasson en est donc le premier maire élu.

Références: 

Évolution chronologique des municipalités (en production). Centre d'archives régional des Îles. 2012. 3 pages.

Topo web: Consulté le 10 février 2013. Municipalité des Îles
Naud, Chantal, Les Îles-de-la-Madeleine 1793-1993, Deux siècles d’histoire, Éditions Vignaud, 1993

Les regroupements municipaux aux Îles de la Madeleine, rapport du mandataireFranklin Delaney, le 12 avril 2001, page 7