Messages triés par date pour la requête jean lapierre. Trier par pertinence Afficher tous les messages
Messages triés par date pour la requête jean lapierre. Trier par pertinence Afficher tous les messages

samedi 21 août 2021

Éphéméride... 21 août - Aaron Clark périt en sauvant deux jeunes nageuses en 1986


Il y a 35 ans, se produisait un grand acte d’héroïsme aux Îles-de-la-Madeleine. Aaron Lorne Clark, alors âgé de 25 ans, fils de Leonard Clark, se jette à l’eau pour aller porter secours à deux jeunes nageuses en péril à Ad’s Cove, près d’Old Harry. N’écoutant que son courage et malgré de fortes vagues et de puissants courants, le jeune technicien électronicien et fondateur de la compagnie NAVCO, réussit à aller rejoindre les deux nageuses en faisant une chaine humaine avec sa sœur Elaine. Mais lors du sauvetage, il fut emporté par une vague qui brisa la chaîne.

À titre posthume et pour son geste héroïque accompli dans des circonstances très périlleuses, le Gouverneur général du Canada, le décora le 19 août 1988 de l'Étoile du Courage, une des trois médailles créées en 1972. Sa sœur Elaine reçut la Médaille de Bravoure qu’elle accepta en toute humilité et en l’honneur de tous ceux qui ont bravé la mer ce jour-là pour retrouver son frère..

Une inscription en l'honneur du courage d'Aaron est gravée sur les portes de l'église St-Peter's-by-the-sea à Old Harry de même qu’une sculpture intitulée « Les portes de l’infini », réalisée par François Lapierre avec un texte de Madeleine Saint-Jean. Cette œuvre fut offerte par la famille et les amis d’Aaron; elle représente  un hymne au courage et à la victoire de la vie sur la mort



Pour les lecteurs de la communauté anglophone, nous reproduisons l’article paru à l’époque de la remise des médailles, dans le journal The First Informer :

Magdalen Islands: Aaron Clark of Old Harry, Magdalen Islands, has recently been awarded with the Star of Courage, Posthumously, by the Governor general. […] Elaine Clark, also of Old Harry, has been awarded a Medal of Bravery.

Although it was a warm, sunny afternoon at Ad's Cove near Old Harry, Magdalen Islands, on August 21, 1986, the wind was strong, the waves extremely high and the undertow unusually heavy, the aftermath of a hurricane which had passed through the Gulf of St. Lawrence. Several teenagers were diving under the waves off a point of rock to one side of the beach when Aaron Clark and his sister Elaine arrived at the scene.

Aware of the dangerous undertow and currents sweeping around the point, they warned the group to come back to shore. Within minutes one of the girls, caught by a wave and carried out into the current, began to panic. The other swimers, experiencing difficulty themselves, were unable to help her. Aaron Clark and his sister immediately formed a human chain with other people at the beach in order to reach the struggling victim.

Just as her brother reached the girl, a huge wave swamped the chain and broke it. Seeing her brother being carried out to sea by the current, and knowing that he was not a strong swimer, Elaine swam to him and tried to hold him above the water, but despite her efforts he slipped beneath the waves. All of the other people involved were able to return safely to shore.

These acts of heroism have been recognized […] on August 19, 1988.

There are three decorations for bravery: The Cross of Valour, the Star of Courage, and the Medal of Bravery. The decorations were instituted in 1972 and since then 1,203 have been awarded.

Elaine Clark finally decided to accept her medal, with great humility, in honour of all who participated in the search for Aaron's body in the prevailing, perilous, climatic conditions




Image :                   Photo fournie gracieusement par Pauline Clark, sœur d’Aaron. 

Références :        The First Informer 4th Year no 9, July 15, 1988, p.1

                               Le Radar, 29 août 1988, p.7







vendredi 9 juillet 2021

Dennis M Boudreau, le legs inestimable d'un grand généalogiste... 1950-2021


Né le 2 mai 1950, à Providence, Rhode Island, aux États-Unis, Dennis M Boudreau est un descendant de six générations de Boudreau de Havre-Aubert. Dennis M Boudreau est le fils de Roland à Alphonse à Nectaire Boudreau et d’Anne-Marie Gaudet née Martineau, fille adoptive d’Alcide Gaudet et d’Amanda Vigneau. 

Ces patronymes madelinots sont importants pour lui, mais également tous ceux qui ont peuplé les Îles-de-la-Madeleine. Son grand-père paternel a déménagé à North Providence en 1924, alors que son grand-père maternel fut la première famille d’Acadiens à s’établir à Centerdale en 1908 pour y travailler dans les moulins d’Allendale, d’Esmond et de Greenville. Ils furent bientôt suivis jusqu’aux années 1930 par les Boudreau, des Cormier, Cyr, Arseneau, Doucet, Doyle, Lapierre, Renaud, et Vigneau. De même les Leslie de Cap-aux-Meules, s’établirent à Georgiaville. Dennis M Boudreau s’est vu grandir parmi parmi toute cette communauté d'émigrés Madelinots. Son enfance fut nourrie des histoires des Îles relayées dans sa famille par ses grands-parents. Il a continué à pratiquer sa langue française dans le cadre de son travail et de ses relations familiales. Il est devenu prêtre en 1977, comme plusieurs Boudreau de sa famille (Charles-Nazaire en 1846, Stanislas et Nazaire-Antoine en 1876 et Charles-François dans les années 1940) et a quitté l’état ecclésiastique vers 2005, selon ses confidences au CARDI.

Aux Îles-de-la-Madeleine, nous le connaissons surtout pour son premier répertoire de mariages des Îles-de-la-Madeleine qui a suivi sa visite aux Îles-de-la-Madeleine en 1980 et son Dictionnaire généalogique des Îles-de-la-Madeleine, 1793-1948, ouvrage imposant de 3900 pages, divisé en quatre volumes et édité en 2001.

Dennis M Boudreau fut président de la Société culturelle acadienne à Fitchburg, MA, président de la Société de généalogie franco-américaine (basée actuellement à Woonsocket, Rhode Island) ainsi qu’ancien rédacteur en chef de leur revue Le Réveil acadien. Monsieur Boudreau a offert plusieurs conférences aux États-Unis et rédigé de nombreux articles de référence généalogique ou historique. Il est l’auteur de deux répertoires de mariage, et a co-écrit plusieurs autres ouvrages. À Providence, on lui doit une histoire familiale de onze générations et un guide du débutant sur la généalogie franco-américaine. C’est en 1980 qu’il profite d’un voyage aux Îles-de-la-Madeleine pour avancer dans sa quête généalogique madelinienne. Les lecteurs comprendront son grand attachement aux Îles-de-la-Madeleine en parcourant cet article (en anglais) publié ensuite dans la revue Je me Souviens dont il fut également le rédacteur en chef. 

Dennis M Boudreau est de la catégorie de généalogiste qui s’est appuyé respectueusement sur d’autres maîtres qui l’on précédé ou non et ce, en tout respect de leur ouvrage. Son travail a permis de corriger des erreurs généalogiques chez Bona Arseneault ou ailleurs, mais il savait être humble et se disait conscient des siennes. Dans une introduction à la généalogie acadienne, il ne tarit pas d’éloges du travail de ses prédécesseurs et en particulier Stephan White :  

« [Le] Dictionnaire généalogique des familles acadiennes » de Stephen A. White, le premier recueil vraiment réputé et solidement documenté sur les origines et les premières générations de nos ancêtres acadiens sur ce continent jusqu’en 1714. Aussi précieux que les dictionnaires généalogiques de Cyprien Tanguay et René Jetté, le PRDH et la Collection Drouin d’actes de mariage le sont pour les Québécois canadiens et leurs descendants, le dictionnaire de M. White [est] la « Bible de nos origines ancestrales ». 

Dennis M Boudreau a fait de même à plus petite échelle, soit celle de ses ancêtres madelinots. Se perfectionnant dans ses méthodes, la prochaine édition de son dictionnaire s'annonçait déjà plus accomplie, tel que lu dans sa récente introduction de 2020.  Dennis - il ne voulait pas qu'on l'appelle Monsieur - a consacré sa vie à éclairer les parties plus obscures de l’histoire des familles madeliniennes. Sans voyager comme il aurait voulu, son réseau de connexions lui permettait de remonter jusqu’aux lieux d’origine des patronymes, qu’ils soient français, britanniques, écossais ou Irlandais... Sa principale expertise concerne les familles acadiennes des Îles, leurs descendants et connexions à l’Acadie, Saint-Pierre et Miquelon, la France, et la suite de leurs descendants à travers les Maritimes et aux États-Unis. Il connaissait les lieux où une famille aboutissait le long de ces frontières depuis le Golfe St-Laurent, incluant les générations présentes et leurs lignées.

Ses derniers travaux, toujours en progression dans le but de produire une version corrigée et mise à jour du dictionnaire, étaient partagés généreusement avec l’archiviste responsable du CARDI qui pouvait compter sur lui pour une collaboration inestimable, et ce, depuis plusieurs années.

Se sachant très malade, en février 2021, il a consacré plusieurs mois précieux à mettre de l’ordre dans ses archives du dictionnaire, soit une troisième édition sur laquelle il travaillait, ainsi que ses références. Et c’est dans l’esprit de voir conservé, valorisé et perpétué son travail, qu’il a légué ses archives concernant les Îles, sur 7 CD gravés en mai 2021. Et c'est dans le courrier postal que nous avons reçu ce don inestimable du travail de toute une vie, deux jours avant son décès du 8 juillet 2021 ! Dieu sait que nous aurions préféré l’avoir parmi nous plus longtemps en personne ! Un fonds d'archives en son nom sera établi pour perpétuer sa mémoire.

Il nous faut partager un dernier poème très touchant composé le 5 avril 2021, et ajouté à l'introduction de sa prochaine édition du dictionnaire qu'il nous a légué. Il l’a écrit en pensant à sa vie et ce qu’il laisse derrière lui. Le Centre d'archives offrira sans doute une traduction en français, selon ce qu'aurait sûrement été sa volonté pour une publication officielle  : 


Son immense travail, en perpétuelle correction et découvertes qu’il s’empressait de nous relayer, n’aura jamais été vain. 

En réalité, Dennis M. Boudreau ne nous a jamais vraiment quittés, car on trouve toujours un peu d’éternité à écrire une histoire qui ne finit jamais... Cette constante évolution, nous la conserverons et la partagerons grâce à vous et pour vous.

Merci Dennis M Boudreau ! Merci pour tout ! Au nom du CARDI et au nom de tous les Madelinots !

 

Avis nécrologiques publié par la famille à North Providence

 




Références :

 

Topoweb :

 BOUDREAU Dennis. Une introduction générale à la généalogie acadienne, American French genealogical Society, article 1. https://www.afgs.org/acadia/AHS-Article-1.html [version Google translate consultée le 10 novembre 2020]

LEBLANC Lucie Constantino. Acadian & French Canadian Ancestral Home http://www.acadian-home.org/Dennis-Boudreau.html [consultée le 10 novembre 2020]

 

Bibliographie (non exhaustive) :

 

1.       BOUDREAU, Dennis M. Les Mariages des Îles-de-la-Madeleine PQ (1793-1900), 1980

 

2.      BOUDREAU, Dennis M. The French-Canadian marriages of St.Lawrence Church, Centredale, Rhode Island, 1907-1970 [s.d.]

 

3.      BOUDREAU, Dennis M. Les Mariages des Îles-de-la-Madeleine PQ (1793-1900) — révisé —, ISBN : 1-929920-25-3, American French Genealogical, Rhode Island, États-Unis, 1984.

 

4.      BOUDREAU, Dennis M. Beginning Franco-American Genealogy », American-French Genealogical Society, 1986, 75 p.

 

5.      BOUDREAU, Dennis M. From Michel to Myself. Acadian Genealogy Exchange : 22/3  [date ?]

 

6.      BOUDREAU, Dennis M. Dictionnaire généalogique des Îles-de-la-Madeleine, 1793-1948 [Édition française], Société de généalogie de Québec, 4 volumes, 1 janvier 2001, 3 900 p. (Contribution no 89).


7.      BOUDREAU, Dennis M. Supplément au Dictionnaire généalogique des familles des Îles-de-la-Madeleine 1760-1948, Révision et mise à jour, Québec, 2006, 148 pages.

 

8.      BOUDREAU, Dennis M.: Dictionnaire généalogique des Îles-de-la-Madeleine, 1793-1948, 3e édition (version numérique non publiée avec préface datée du 2 mai 2020 et dont les parties les plus récemment modifiées datent du 7 mai 2021, veille de la copie des archives sur CD par l’auteur). Il faudra s’attendre à une description plus exhaustive du contenu du fonds AP24 Dennis Boudreau, qui tiendra également compte de la lecture de poèmes inédits de l’auteur de 1995 à 2021 et des différents documents synthèses qui sont attachés à l’œuvre complète de Dennis M. Boudreau.

 

 

Périodiques :

 

1.       BOUDREAU, Dennis M. 1980. « The Magdalen Islands ». Je Me Souviens. 3/2 : 10-18

 

2.       BOUDREAU, Dennis M. 1980 « Boudreau Family Origins in the Magdalen Islands, P.Q.». Acadian   Genealogy Exchange. 9/1, 18-23.

  

4.       BOUDREAU, Dennis M. 1980 « The Béliveau family of Providence, Rhode Island ». The Genealogist. 6/1, 36-43

 

5.       BOUDREAU, Dennis M. 1982. « Contes et Légendes - The First Acadian Murder». Je Me Souviens. 5/2 : 20-34. Révisé 2019. 42/1 : 48-56

 

6.       BOUDREAU, Dennis M. 1983 « Then the Sea Gave Up Her Dead…, » [Maritime Disasters : Samuel Cormier and the Snowstorm of 1875], Je Me Souviens. 6/1 : 11-48

 

7.       BOUDREAU, Dennis M. 1983. « Le coin de nos ancêtres : Michel Boudrot ». Je Me Souviens. 4/3 : 32-34

 

8.       BOUDREAU, Dennis M. 1983. «The Béliveau Family of Providence, Rhode Island ». Acadian Genealogy Exchange. 12/4 : 107-113; 1984: 13/1 : 10-18.

 

9.       BOUDREAU, Dennis M. 1983. « Acadian and Canadian folklore : The Monster of Pointe-aux-Loups » [Traduction d’un conte d’Azade Harvey].  Je Me Souviens, 4/3 : 35-36

 

10.   BOUDREAU, Dennis M. 1984. « Le coin de nos ancêtres : François Gaulin ». Je Me Souviens, 7/1 : 7-13

 

11.   BOUDREAU, Dennis M. 1984. « Lightning can strike twice ». Je Me Souviens, 7/1 : 49-62

 

12.   BOUDREAU, Dennis M. 1984. « Boudreau or Beaudreau ». Acadian Genealogy Exchange, 13/4 : 117-119.

 

13.   BOUDREAU, Dennis M. 2018. « Our unique Acadian Genealogy ». Je Me Souviens : 41/4 : 18-23. « SOPHIE PEINE - La Petite Misère (an update) » : 24-28. « Jean Pineau, PEI Acadian Ancestor » : 35-39.

 

Note : L’auteur tenait une chronique dans le magazine Je Me Souviens jusqu’au moins 2019 et l’ensemble de ces articles n’apparait pas ici.





dimanche 29 novembre 2020

Une fin de novembre funeste en 1875

Nous avons décrit la nuit tragique du 28 novembre 1871, qui a entrainé dans la mort 15 marins. Mais nous ne pouvons passer sous silence le mois de novembre de 1875, il y a 145 ans, alors que trois goélettes des Îles ne sont jamais revenues faisant cette fois au moins 18 victimes. Elles étaient parties chercher des denrées pour subvenir aux besoins de l’hiver qui arrivait. C’est le SS Newfield du Gouvernement canadien qui prit la relève des bateaux perdus, le 2 décembre suivant. 

La liste des personnes perdues en mer est établie en grande partie grâce à Dennis M. Boudreau (1), même si elles ne sont pas enegistrées dans les registres paroissiaux consultés.

 

L’ESPÉRANCE – goélette de 51 tonneaux avec 12 membres d’équipage (5 pertes de vie)


Dominique Gaudet en 1871
Fonds AP13 Simone Gaudet

La goélette L’Espérance fait naufrage au Cap Breton, le 17 novembre 1875. Propriété de David Lapierre, cette goélette fut construite aux Îles-de-la-Madeleine. Partie d’Halifax vers les Îles, elle a terminé sa course près des rochers de Chimney Corner (Inverness Country). Les survivants ont dû gravir les rochers abrupts du lieu du naufrage. Une lettre de Wilfrid Renaud [1], petit fils du survivant Théodore Renaud, permet de préciser des détails de la tragédie.  Il en est de même par la lecture du Huitième rapport annuel de la Marine et des Pêcheries pour l’année 1875. Selon les dires du survivant, L’Espérance avait à son bord 8 membres d’équipage. Le rapport annuel en mentionne 12. La goélette appartenait au capitaine David Lapierre, un jeune célibataire. 



Liste des décès de L’Espérance :

  1. Dominique GAUDET, époux de Sophronie Briand
  2. Joseph-Théodore RENAUD, époux de Victoire BOUDREAU et oncle de l’autre Théodore Renaud, qui a survécu
  3. Noël LEBEL, époux de Pélagie CHIASSON et père de Daniel Lebel[2
  4. David Lapierre, capitaine
  5. Hilaire Doucet, fils de Antoine Doucet, âgé de 18 ans

Liste des survivants de L’Espérance :

  1. Théodore Renaud, grand-père du témoin Wilfrid.
  2. Onézime Gaudet, frère de Dominique et beau-père de William Vigneau
  3. Casimir Arseneau, grand-père de Maria, épouse d’Avila Chevrier


Théodore Renaud a raconté plusieurs fois à son petit-fils le récit de ce naufrage. Il est décédé en 1929 alors que Wilfrid avait 15 ans. Une partie de son récit apparait tel que dans la lettre du 19 mai 1986, adressée à son cousin Léopold Brophy :

 

Vers 4 heures du matin au moment du naufrage grand-père, Noël Lebel et Hilaire Doucet étaient en bas. Noël Lebel n’a pas voulu monter sur le pont, il a préféré mourir en bas et Hilaire Doucet a resté avec lui. Mon grand-père ne savait pas nager, il a monté en haut. Au même instant un brisant l’a jeté à la mer et un autre l’a jeté sur les galets, ils se sont retrouvés tous les trois ensemble, lui, Onézime G. et Casimir Arseneau, dans le cap avec la mer à leur verser sur le dos et en pensant aux autres. Ils ont passé 2 heures là. Le temps était long, pensant d’être emporté d’un instant à l’autre par les vagues. Vers 6 h du matin, ils ont monté. Casimir un petit bout, ensuite Onézime Gaudet, et c’est mon grand-père qui a monté le dernier et avec assez de misère. Ils ont réussi étape par étape à monter sur le cap (…) C’était à Magaret Cap-Breton qu’ils ont fait naufrage et Avila Chevrier m’a raconté que ton grand-père Léoni P Gaudet avait été là qu’il avait acheté une tombe et l’avait fait poser au cimetière. Je te promets que si j’ai encore l’occasion de passer par-là j’irai voir si je peux retrouver des souvenirs.

Ton ami Wilfrid

 P.S. Raconté par Théodore Renaud à Avila Chevrier 90 ans et à son petit-fils Wilfrid qui a 72 ans.

 


Documents de la session de la Puissance du Canada- 1876, (Volume 9, no.4, Documents de la session 5) page 51/315 

  

STELLA MARIS – goélette de 52 tonneaux (6 pertes de vie)

La goélette à deux mâts, Stella Maris, fait naufrage le même jour à Grande-Anse, Cap-Breton, en partant d’Halifax vers les Îles. Ce bateau, construit également aux Îles deux ans plus tôt, était la propriété de Zéphirin Arseneau, de Pointe-Basse. La Stella Maris fut retrouvée renversée, la quille en l’air, sur le côté d’un rocher. Ses écoutilles étaient fermées et son cargo intact, mais malheureusement, les six ou sept membres de l’équipage furent trouvés sans vie sur la plage. Nous n’avons pas ces noms, absents des registres.

 

Documents de la session de la Puissance du Canada- 1876, (Volume 9, no.4, Documents de la session 5) page 50/315  

 

PRESIDENT – goélette de 40 tonneaux (6 pertes de vie)

Propriété de Jean-Baptiste Painchaud et construite à La Heve, N.É., elle sombre le 11 novembre 1875 à Grande-Anse, Cap-Breton, en se rendant à Halifax. On déplore le décès des 7 membres d’équipage. Une pierre tombale, gravée au nom des naufragés de Havre-aux-Maisons, fut installée dans le cimetière de Pleasant Cove en Nouvelle-Écosse. La pierre se trouve près de la baie où la goélette a fait naufrage.

L’histoire de cette tragédie se trouve dans le livre de Paul Hubert : Les Iles de la Madeleine et les Madelinots. On retrouve également une description en anglais par Dennis M. Boudreau, descendant d’un des marins décédés, Samuel Cormier.[3]

 

Photo: Ronald Turbide

 Liste des décès de la President :

  1. Eugène Turbide, fils de Bénoni, époux de Marie Hubert, mort gelé des suites du naufrage après avoir lutté pour monter la falaise. Il avait 12 enfants âgés de 1 à 20 ans.
  2. Alexandre Turbide, fils aîné d’Eugène et Marie Hubert, mort dans les mêmes circonstances
  3. Samuel Cormier, fils de Nicolas et époux de Philomène Turbide, père de 4 enfants de 1 à 10 ans
  4. André Desjardins, fils de Jean-Baptiste et époux d’Henriette dit Archange Turbide. Il avait 10 enfants, âgés de quelques mois à 18 ans.
  5. Antoine Lafrance, fils célibataire de Joseph et Sophie Bilodeau
  6. Alfred Bourgeois, fils de Ferdinand et époux de Victorine Lapierre

  

MARIE-ANNE – goélette (1 perte de vie)

Après être presque entrée en collision avec la goélette Espérance à 4 heures du matin, la goélette Marie-Anne, conduite par le capitaine François Thériault, tente d’alerter leur équipage: ils ont fait une fausse manœuvre et se dirigent sur les côtes du Cap-Breton. Peine perdue, l’Espérance heurte un galet, une demie heure plus tard. La Marie-Anne s’en tire, mais un des marins est emporté par un brisant :

Décès : 

  1. Grégoire Chevarie, époux de Victoire Thériault. Celle-ci est enceinte de huit mois.


Les goélettes Painchaud et Flash s’échouent la même nuit, le long d’une plage près de Scatarie Island. La goélette Arctique, propriété de Nectaire Arseneau, évite de peu les rochers. Son équipage est également sauf.

Le retour des survivants au port de Havre-aux-Maisons, le 15 décembre 1875, est une scène de désolation, selon l’auteur Paul Hubert. Il s’est fait décrire le récit par son propre père.




 

1. FONDS AP13. Simone Gaudet. Chapitre 2 : Les Gaudet du Bassin dans La vie de Donalda, 2003. Non paginé.

2. Daniel Lebel a connu une fin tragique aussi.

3. Boudreau, Dennis M. « Then the Sea Gave Up Her Dead…, » [Maritime Disasters : Samuel Cormier and the Snowstorm of 1875], JE ME SOUVIENS, Vol. VI, # 1, Spring 1983, pp. 11-48.

BOUDREAU, Dennis M. Dictionnaire généalogique des familles des Îles-de-la-Madeleine, Québec, 1760-1948, 2001.

FONDS AC1 CENTRE D’ARCHIVES RÉGIONAL DES ÎLES. Liste condensée des naufrages du Centre d’archives régional des Îles, 2011

GOUVERNEMENT DU CANADA. Bibliothèque de Pêches et Océans Canada (consultée le 29 novembre 2020) https://waves-vagues.dfo-mpo.gc.ca/Library/40783339_1875.pdf 

HUBERT, Paul. Les Îles de la Madeleine et les Madelinots p. 153-156.

DE L’ORME, Jean-Claude et Avila LEBLANC Histoire populaire des Îles de la Madeleine. p. 119-122.

LANDRY, Frédéric. Dernière Course, La Boussole, 1989

 

Note : Le XIXe siècle, journal quotidien politique et littéraire écrit qu’une dépêche de Québec rapporte le naufrage de 6 navires et 62 décès

 

 

 

 

 


vendredi 8 mai 2020

Le marché de l'alimentation à Fatima, un bout d'histoire...

Avant même d’être une municipalité, en 1959, Fatima est un des plus populeux villages des Îles. Lors de la fondation de la Coop L'Éveil en 1945on retrouve dans la paroisse  plusieurs petits commerces d’approvisionnement qui sont en activités, certains depuis plusieurs dizaines d'années.  Le plus grand nombre apparait toutefois durant la période de la Deuxième Guerre mondiale et de l'après-guerre.

De 1940 à 1945, on compte également 5 autres coopératives d’alimentation aux Iles : la Grosse-Île Consumers Coop (1940-1950), La Vaillante à Grande Entrée (1941-1980), le Magasin Coop de Havre-aux-Maisons (1942- …), la coop L’Unité (1943- …) et La Sociale (1945-2003).  

Pour ce qui est du territoire de Fatima, voici les principaux acteurs de l'époque, après avoir nommé ceux qui n'existaient plus lors de la construction de L'Éveil:

Les tout premiers : 

Un des magasins de Nelson Arseneau (ca 1875-ca 1924) était établi sur la Pointe nord-ouest du chenal (extrémité ouest de l'ancien pont de fer). Celui-ci a des magasins stratégiques près des ports ou accès entre chaque île de l'archipel. Son fils Azade reprendra les rennes jusqu'à la vente à un Monsieur Roy.  





McAlpine Nova Scotia dictionary 1890-1897

Le magasin de Samuel Lapierre (ca1890-?). Établi sur Les Caps, Samuel Lapierre opérait  également le premier bureau de poste dans le canton Les Caps, de 1914 à 1937, ainsi qu'une usine de conserve de homard près du Cap de l'hôpital, à Fatima.


Les Caps : 

Le magasin Alfred Arsène Leblanc (ca1910-ca1950)
Le magasin Hubert J. Leblanc (ca1927-ca1950). Il opère à son compte son magasin et sa boucherie jusqu’en 1936, pour Frank Leslie jusqu’en 1946. Son fils Xavier a continué jusqu’à la descendance de sa famille (Michel à Hubert Leblanc)


À gauche, Xavier à Hubert J. Leblanc. Les Caps.

Le magasin Léonie à Hubert Leblanc (ca 1946-ca1959)


Magasin de Léonie Leblanc. Les Caps.

Le magasin Eusèbe D. Leblanc (1951- ?). Il devient un magasin de mode masculine important dans les années 60.


Magasin dans la maison d'Aldée Leblanc. Les Caps.
Le magasin Aldée Leblanc (tenu dans sa maison) (période inconnue). Compte tenu entre autres de l’absence de déneigement régulier des routes, on mentionne l’existence de plusieurs « dépanneurs maison » de cette nature, dans les années 1950.


Fatima Nord :

Le magasin Bénard & frères enr. (1956-1974) vendait aussi des vêtements.  Il fut ensuite vendu à Samuel Bourgeois pour en faire le Magasin des Aubaines familiales.


Le magasin Bénard & frères enr., en 1969. Collection AC1-S64 Le Madelinot

Le magasin d’Ernest Poirier était quant à lui situé en face de l’école Stella Maris.  


Magasin d'Ernest Poirier.



Fatima Sud :


La boucherie Elphège E. Noël (1959 -?)


Cap-Vert :

Le magasin J.Fred Miousse (ca1925-1962). Celui-ci était pour le compte d’Alfred Nadeau de 1925 jusque vers 1938 et ensuite Frank Leslie jusqu’en 1951. Repris à son compte jusqu’à son décès en 1962 et par la succession jusqu’en 1965. Jacqueline Richard l’opéra pendant un an (1965-1966).
 
Magasin de J.Fred Miousse

Le magasin (succursale) de Joachim Boudreau (ca 1910-1915) tenu par Azade à Romoni Leblanc, par Fred Boudreau et ensuite par Simon Cummings. 
Le magasin d'Hormidas dit Midas Bourgeois était situé près de la zone du quai du Cap-Vert.
Le magasin Edmond H. Poirier (1955 -?). Une épicerie et magasin de coupons, opéré par son fils Jean-Claude dans les années 1980.

Edmond Poirier et son épouse Huberte

Grand-Ruisseau:  

La coopérative La Ramée (1942-1956), vendue ensuite à Gérard et Marc à Casey Harvey (1942-?). Ceux-ci exploitaient également un fumoir.

Le magasin Éphrem Richard [1944 -? après 1984]. Cette famille reconnue comme très généreuse a tenu le magasin tout en fondant une famille de 22 enfants! 

Une partie de la famille d’Ephrem Richard, épicier de Grand-Ruisseau, en 1956.

Le magasin de Desmond Harvey [1946 -? après 1984]. Il servit également de bureau de poste et fut vendu en 1966. Deviens alors l’épicerie Cyr.


Premier magasin de Dismond Harvey, Grand-Ruisseau.

La boucherie Charlie Harvie [1959 -?]

Vous avez retrouvé des archives [photos, reçus, correspondance, en-tête, etc.] qui concernent ou témoignent de ces commerces disparus? Ou vous désirez en apporter des corrections ou précisions? Merci de nous en informer pour que ces parties d’histoire ne tombent pas dans l’oubli. [archiviste@centredarchivesdesiles.org]


Références : 

Barachois-Fatima, 1959-1984. [Album du 25e anniversaire de la municipalité]. Barachois : Le comité du 25e, 1984. 129 p. 
AC1 et AO19 Archives du Centre d’archives régional des Iles (CARDI) 
AO18 CFIM 92,7 (15 octobre 2003)
Stéphanie ARSENEAU BUSSIÈRES et Hélène CHEVRIER. Coopération et développement social et économique aux Îles-de-la-Madeleine, CERMIM, 2007,96 p.

samedi 23 novembre 2019

Éphéméride...23 novembre - Décès du Père Raymond Cyr

23 novembre 1995:  Décès de l'abbé Raymond Cyr, à l'âge de 76 ans.

Ordonné prêtre le 31 mai 1947, l’abbé Cyr est né le 21 février 1919, à Grande-Entrée. Il est le fils de Marie-Céline Thériault et John Cyr. Cinquième d’une famille de onze, Raymond est le frère de Béatrice, Joseph-Lionel-Edward, André, Isaac, Lucie, Jérôme, Augustin-Lomer, Thérèse, Joseph-Firmin-René et Jean-Hilaire.

Il fait ses études classiques à Charlottetown et théologiques à Québec. En 1947, il débutera sa prêtrise à Maria, à Bonaventure, puis il dessert une réserve micmac de 1949 à 1951. Il devient vicaire à Bassin et en 1951, est nommé «principal» de l’école normale de Havre-aux-Maisons. Dans le cadre de cette fonction l’abbé Cyr est amené à partager son temps entre l’enseignement et l’administration. Raymond Cyr raconte l’histoire de sa paroisse natale dans journal rural «Le Phare » et plus tard dans « Le Madelinot », laissant ainsi plusieurs renseignements précieux sur cette étape à la prospérité. Il collaborera aussi  à « La Boussole ».


En 1968, à la fermeture de l’école normale de Havre-aux-Maisons, il est nommé à la cure de la paroisse de Havre-aux-Maisons et la dirige jusqu’en 1985. Le père Raymond Cyr est décédé le 23 novembre 1995. Il est le premier donateur testamentaire de la Fondation du Centre hospitalier de l'Archipel, lui offrant 27 777.63$. En 1992, la paroisse de Havre-aux-Maisons rendait hommage à son ancien pasteur par une sculpture de Rémi Richard eue l'on peut admirer à l'église Sainte-Madeleine. 

Fonds AC1-S35_P004. Après correction par le public, le prêtre apparaissant sur la photo est bien François Boudreau, photographié à sa maison natale au pied des buttes des Demoiselles, sur le chemin d'en Haut à Havre-Aubert. En arrière-plan, la maison de Maurice à Césaire Lapierre, anciennement d'Onésime Boudreau (oncle de François Boudreau)

Le Père Gallant et le Père Cyr, très impliqués dans les cercles d'études sur la Coopération. Journal À Pleines Voiles, 1954


samedi 3 août 2019

Éphéméride... 3 août - Inauguration de la piste de course Alfred-Gallant

Source: Fonds Achille Hubert AP1-P1733a
3 août 1986:

Inauguration officielle de la piste de course Alfred-Gallant à Fatima. Celle-ci est nommée en l'honneur du curé, passionné de chevaux, qui fonda la première piste aux Îles-de-la-Madeleine, le 14 juillet 1963 au Parc municipal d'Havre-aux-Maisons. 


Cette première piste était d''un huitième de mille de long. Plusieurs amateurs de course de chevaux se souviennent de la célèbre course du «Centenaire» qui attira plus de 2000 visiteurs en 1967. 

Les membres provisoire fondateur du Centre Alfred Gallant étaient Ludger Leblanc, Jean-Guy Chevarie, André Cyr, Edgar Aucoin, Raoul Richard, René H. Chevarie, Jean-Charles Lapierre et Marcel E. Leblanc.

mardi 22 mai 2018

Éphéméride... 22 mai - Jean Lapierre élu député libéral dans le comté de Shefford

Source: Journal Le Radar, 30 mai 1979, page 5
22 mai 1979 : 

Jean Lapierre est élu député libéral dans le comté de Shefford. À la même élection, Gilbert Carbonneau est élu aux Îles-de-la-Madeleine, mais défait dans Bonaventure.

mardi 15 août 2017

Fêter 225 ans d'histoire acadienne aux Ïles-de-la-Madeleine - les immigrants français de L'ïle St-Jean et de Miquelon.

Août 1792: Arrivée d'un des premiers « grands » groupes d'Acadiens en compagnie de l'abbé Allain.


Il est un peu difficile d’authentifier  une date aussi importante que celle de l’arrivée des principaux groupes d’acadiens fondateurs aux Îles-de-la-Madeleine mais plusieurs écrits permettent de cerner les principales périodes d’arrivées de ces ancêtres.  À défaut de fixer une date, nous énumérons ici un certain nombre de ces écrits historiques pour baliser ces principales périodes et comprendre le choix de l’année 1793 plutôt qu’une autre, comme année de commémoration officielle.

Le premier registre
Tout d’abord, dans le premier registre de  paroisse en date du  27 juillet 1793, le Père Allain explique pourquoi des enfants nés l’année précédente ne sont baptisés qu’en 1793. Il utilise la formulation suivante : « à défaut d’église et de saintes huiles », il ne dit pas « à défaut de prêtre ». Il faut noter que les Îles furent desservies par une succession de prêtres missionnaires jusqu’à l’arrivée du Père Allain dont l’année de référence est 1792 selon une lettre du missionnaire Lejamtel, mais 1793 selon les écrits du Père Alfred E. Burke (the Burke Chronicles).

Bien que l’abbé Leroux exerça avant lui une présence cruciale pour que les engagés de Gridley rapatrient leur famille sur les Îles, de 1774 à 1793, l’arrivée du Père Allain accompagné d’une masse plus importante de nouveaux colons sera celle qui marquera la mémoire des Madelinots. Sa présence sur une base annuelle avec, de surcroît, une petite église pour réunir ses paroissiens, font de l’année 1793 celle de la commémoration habituelle de l’arrivée des familles fondatrices.

Correspondance du missionnaire Lejamtel à son évêque
Le 4 juin 1793, Lejamtel écrivait, pour la première fois, au nouvel évêque de Québec Monseigneur Hubert : « ... j’étais le troisième missionnaire des îles Saint-Pierre et Miquelon, près de Terre-Neuve, et j’aurais dû échapper à cette loi inique ; mais la Divine Providence ne voulut pas que j’en sois exempté plus que les autres. À deux reprises j’ai refusé de signer le serment “à la République française”, mais à mon troisième refus, ma vie aurait été en danger si je n’avais pas cherché refuge en terre étrangère. L’officier commandant de la garnison m’ordonna de prêter serment ou de quitter sur-le-champ. L’autre missionnaire, monsieur Allain, partageait ma foi, et nous avons fui aux îles de la Madeleine au mois d’août dernier (1792). Ensuite, je me suis rendu à Halifax voir le révérend Père Jones, qui nous a installé monsieur Allain et moi, missionnaires dans les régions de la Nouvelle-Écosse. Monsieur Allain a obtenu la charge de Chéticamp et les îles de la Madeleine, et moi, celle d’Arichat et Tracadie ».

Correspondance du Lieutenant gouverneur Macarmick
Le 1er novembre 1792 dans la lettre qu’il écrivait à son supérieur Henry Dundas,William Macarmick, Lieutenant gouvemeur du Cap Breton,  lui parle d’une lettre qu’il a reçue de Lejamtel où il lui raconte son infortune dans les mêmes termes que ci-haut, mais il ajoute qu’il a déjà prêté serment d’allégeance à Sa Majesté britannique en Nouvelle-Écosse. Macarmick termine son rapport en soulignant qu’il pense permettre à Lejamtel de passer l’hiver en attendant une décision favorable de Sa Majesté.

Recensement d’un agent de Coffin
Un recensement des agents de Sir Isaac Coffin, conservé aux Archives du Nouveaux-Brunswick, permet de confirmer la présence de 5 familles d’Acadiens dès 1791, soient des Thério (Thériault) à Havre-aux-Maisons, Un Vigneau à Havre-Aubert et un Grenier à l’Ile d’Entrée!  13 familles seraient ensuite arrivées en 1792, 14 autres en 1793, un en 1794 et 8 en 1804, alors que l’abbé Alain reprend une charge de missionnaire.  Ce recensement, non daté mais dont l’original serait signé par Coffin lui-même, dénombre 223 personnes aux Îles à ce moment.

Les chroniques de Père Alfred E. Burke (The Burke Chronicle) à l’évêque de Charlottetown
Un cinquième élément vient s'ajouter à toutes ces informations, soit celui de la présence du missionnaire Leroux, avant celle de l'abbé Allain. La lecture de Burke Chronicles révèle ces faits importants : En 1885, le père Burke, ordonné le 30 mai de cette année et nommé assistant à la cathédrale et secrétaire de l'évêque de Charlottetown, entreprend une biographie des paroisses de l’évéché, incluant celle des Îles.  Dans son récit, quatre familles françaises résidant à St. Peters' Bay à l'Île-du-Prince-Édouard ( Boudreault, Chiasson, Lapierre et Cormier) acceptent d’habiter aux Îles sous les ordres du colonel Gridley sous condition d’avoir un prêtre permanent et à ses frais. C’est donc au Québec que le colonel Gridley demanda et obtint les services de l'abbé Leroux, qui servi la mission jusqu'en 1793. 

Notons que le dictionnaire biographique du Canada mentionne que l’abbé Leroux arriva au Canada tard en 1773 ou à l’été de 1774 et que dès son arrivée, on l’envoya desservir une quinzaine de familles acadiennes à Havre-Aubert, aux Îles de la Madeleine. Il se partageait entre cet avant-poste et les établissements acadiens de l’île du Cap-Breton et de l’île Saint-Jean (Île-du-Prince-Édouard).

Toujours selon les écrits du Père Burke, les quatre familles pionnières furent bientôt rejointes par d'autres, et lorsque la première petite église fut construite au pied de la butte des Demoiselles, on dit que le nombre de ménages était de quinze, ce qui concorde relativement bien avec les recherches de Pierre-Cornélius Carbonneau et Rose-Delima Gaudet à partir souvent de sources orales, dans les années 60, de même que la liste des engagés de Gridley disant demeurer sur les Îles sous conditions d’y avoir un prêtre permanent. Voir l’article suivant sur l’époque Gridley dont une grande partie repose sur les écrits de Madame Pauline Carbonneau, qui offre généreusement son soutien pour l'histoire des Îles au Centre d'archives. Voir aussi la date de signature du serment d’allégeance.

Aussi, grâce aux recherches de Madame Chantal Naud à l'Université de Moncton, nous savons que la liste de ces engagés fut publiée en 1927 dans Société historique acadienne. Celle-ci reproduit l'original d'un document de 1765 conservé aux archives de Londres, écrit par l'agent de Gridley, F.S Allwright, et intitulé : "Answer to the several enquirys respecting the State of the Magdelen Islands and the Sea Cow Fishery there ". Une copie provenant de notes de cours de madame Naud, est reproduite ci-contre. Nous ne pouvons que souligner l'inestimable apport à l'histoire des Îles que constitue le fruit de ses recherches et l'enseignement qui en a découlé au cours des ans.



La petite église était un bâtiment de seulement vingt pieds de longueur: une partie de celui-ci était divisée pour servir d'habitation au prêtre. Avant que l'abbé Leroux ne retourne au Québec, plusieurs familles avaient émigré de Saint-Pierre-et-Miquelon vers les îles-de-la-Madeleine, et le nombre d'habitants dans la paroisse de Notre-Dame-des-Monts (comme on l'appelait alors) fut considérablement augmenté.

Dans Burke Chronicle, on mentionne que c’est en 1793 que l'abbé Allain arriva pour remplacer l'abbé Leroux, et le 5 janvier 1794, il convoqua une assemblée de ses paroissiens durant laquelle Louis Boudreault, Nicolas Cormier et Joseph Bourgeois furent élus marguilliers.

En 1797, l'abbé Allain quitta les îles-de-la-Madeleine et fut remplacé par l'abbé Lejamtel qui resta jusqu'en 1803, alors que l'abbé Allain revint et demeura un an, période au cours de laquelle il fut parfois assisté dans ses travaux par l'abbé Gabriel Champion.

En 1804, l'abbé Allain repartit. L'abbé Champion resta, et continua comme missionnaire aux îles-de-la-Madeleine jusqu’en 1807 quand l'abbé Allain revint jusqu’à sa mort en 1812.


Source:

Centre d’Archives régional des Îles (Traduction, recherches et textes pour cet article)


Citations et références :

Carbonneau Pauline. Découverte et peuplement des Îles de la Madeleine, Humanitas, 2009, p.69-72.

Della M. M. Stanley, « LE ROUX, THOMAS-FRANÇOIS », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 4, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 14 août 2017, http://www.biographi.ca/fr/bio/le_roux_thomas_francois_4F.html.

Falaise, Noël. Les Îles-de-la-Madeleine sous le régime français, Revue d'histoire de l'Amérique française, vol. 4 no 1, 1950, pp.17-18

Fonds AC1-S21 Chantal Naud – Lettre d’opinion de Charles Cormier en 2003.
Fonds AC1-S21 Chantal Naud -- 4, 2011, 15 sept. Cours IV Copie 2

GAUDET SR, Rose-Delima. La place de l’Église catholique aux Îles-de-la-Madeleine. Sessions d'étude-Société canadienne d'histoire de l'Église catholique, 1979, vol. 46.


Fortin, Jean-Charles et Paul Larocque. Histoire des Îles-de-la-Madeleine, IQRC, 2003, p.75-79

The Burke chronicles edited by Ernest MacDonald, 2007, p.225-228

Poirier, Michel. Les Acadiens aux îles Saint-Pierre et Miquelon. Moncton : les Éditions d’Acadie, 1984, p.7, 46 et cartes p. 23-25

 Société historique acadienne cahier no 29 (3)9, 1927, pages 369-372. 


Stuart R. J. Sutherland. "Richard Gridley" dans Dictionnaire biographique du Canada en ligne, 1771-1800 (Volume IV), consulté le 4 octobre 2012.