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mardi 4 octobre 2022

Éphéméride... 4 octobre - Naufrage du brigantin Arken en 1923




Le brigantin Arken, immatriculé à Marstal (Danemark), fait naufrage au nord de l'île Amherst le 4 octobre 1923. C'est à J.A. Brasset, marchand de Havre-Aubert, que le capitaine Lauritz Y. Fabricius confie les soins de la vente de l'épave et sa cargaison, en échange de 25% du prix de vente. S'il s'agit du même navire, il a vraisemblablement pu être réparé. Un bateau sous ce nom, construit en 1908, a terminé sa vie comme navire d'entraînement, en 1939, au Danemark. Il avait auparavant servi pour la pêche en Mer du Nord. On lui avait ajouté un moteur auxiliaire en 1930.


Source image: SCHAUFFELEN, Otmar. Great Sailing Ships, Adlard Coles Ltd., London, 1969, p.104

Références:    

Liste condensée des naufrages du Centre d'archives régional des Îles

Landry, Frédéric. Dernière Course. Éditions La Boussole, éditions Maritimes, 1989, p. 61.

mercredi 7 septembre 2022

Éphéméride... 7 septembre - Naufrage de la goélette « La Henriette » d'Henry Mounier

7 septembre 1775

Le dénommé André Lange fait naufrage avec la goélette La Henriette d'Henry Mounier entre Grosse-Île et Pointe-aux-Loups. Il a utilisé une carte anglaise pouvant être attribuée au Capitaine Holland, si l'on se fie à son titre, pour situer exactement le lieu du naufrage. Une carte de 1766 porte le nom de A Plan of the Magdalen, Brion, Bird, Entry, and Deadmans Islands in the Gulph of St. Lawrence.

Henry Mounier est possiblement le frère de François Mounier, un négociant Huguenot de La Rochelle.

La carte illustrant le naufrage se trouve aux archives de la Bibliothèque nationale de France, département Cartes et plans GE SH 18 PF 125 DIV 7 P 4.



jeudi 14 juillet 2022

Éphéméride... 14 juillet - Naufrage de la barque Faug A. Ballagh à l'Île Brion


14 juillet 1847 :  

La barque de 127 tonneaux, Faug A. Ballagh,enregistrée à Belfast, en Irlande en 1845 et conduite par le capitaine Webster, fait naufrage au Rocher Ouest de l'Île Brion le 14 juillet 1847.



Source: 
Liste condensée des naufrages du Centre d'archives régional des Îles
Landry, Frédéric. Dernière Course, La Boussole, Éditions Maritimes, 1989, page 169

lundi 11 juillet 2022

Éphéméride... 11 juillet - Naufrage du vapeur SS Merrit

11 juillet 1873 :

Le Vapeur S.S. Merrit de 980 tonneaux, immatriculé à Montréal en 1861, prend l'eau et coule du côté ouest des Îles-de-la-Madeleine, le 11 juillet 1873 . L'équipage est secouru par un navire de bois de pulpe qui l'amène à Gaspé.


Une nouvelle intitulée comme suit apparait dans le St.Catharines Weekly le 24 juillet 1873:



"Loss of the MERRITT -The Allan steamer MERRITT foundered in the Lower St. Lawrence during heavy weather. The captain and crew were picked up by a Norwegian vessel and brought to Gaspe. The MERRITT began her career on Lake Ontario. She was built by Chaffeys at Brockville, nine years ago. She was too large to be profitable in these waters and so for many years she has been employed on the ocean and the Lower St. Lawrence."

Georges Chaffey, né à Brockville (Ontario) en 1848, était un constructeur de bateaux dans la région des Grands Lacs et l'inventeur d'un nouveau type de propulseur. En Californie, il mit sur pied, avec son frère, un système d'irrigation pour la culture des fruits. Cette invention profita largement au progrès de la culture des fruits en Australie, à la demande du premier ministre de ce pays. Une plaque hommage en son nom existe à Ottawa.

lundi 22 novembre 2021

Éphémérides ... 22 novembre - Les cales sèches ou gabarres s'échouent

Calè sèche échouée au Cap Savage. Photo: Collection numérique du
CARDI,  Hélène Chevarie, 2011 

22 novembre 1988 :


En se dirigeant de Montréal vers Sidney, Nouvelle-Écosse, deux cales sèches, propriété de la compagnie Joël Sheffear, s'échouent au Cap Savage à l'Étang-du-Nord et à la Dune du Nord, près de Pointe-aux-Loups, cette dernière est maintenant connue sous le nom de la "Gabarre".

jeudi 28 janvier 2021

Éphéméride... 28 janvier - Naufrage du GC Grosse-Isle en 1974

Le G.C. Grosse-Isle, propriété des compagnies Gordon Canada et Canapro Ltée










28 janvier 1974:


Le chalutier portugais Aida Peixoto vient secourir l'équipage du GC Grosse-Isle, chalutier de 437 tonneaux, qui a sombré près de Harbour Grace à Terre-Neuve, avec à son bord 425 000 livres de sébaste. 


L'équipage madelinien, déjà lourdement éprouvé par le décès accidentel de Gilbert Boudreau (à Anthony) le 12 janvier précédent à North Sydney, avait eu le temps de se réfugier dans un radeau de sauvetage avec leur capitaine Philippe Cummings qui, heureusement, avait donné la position exacte permettant d'accélérer les secours. À 9:30, le capitaine avait donné son appel de détresse; à 11h15, l'ordre d'évacuer le navire. Ils ont dû attendre à 14:20 avant d'être secourus.

Équipage lors du naufrage:


Phillippe (Phil) Cummings

Fred Chevarie

Télesphore (Télex) Cormier

Henri Leblanc

Yvon Renaud

Léonard Chevarie

J.Pierre Cyr

Réné Chevarie


Notons que le navire portugais de 1296 tonneaux, autrefois appelé Padua, fut construit en 1947 et était à l'époque un des plus gros chalutiers jamais construit. Il comportait une usine d'extraction d'huile de foie de morue et des réservoirs pouvant contenir 24 tonnes de cette huile. 
Le Aida Peixoto avant d'être acheté par Tavares Mascarenhas, Neves & Vaz Ltda., Portugal.

Dimensions exactes du Aida Peixoto: 226 5/12 pieds de long x 36'large  x  24 5/6 de profond.



Références:

LANDRY, Frédéric.Dernière Course, Éditions La Boussole, p.206.
Liste condensée des naufrages du centre d'archives régional des îles, 2011
Topoweb, consulté le 23 janvier 2012: http://www.aberdeenships.com 

mercredi 16 décembre 2020

Éphéméride... 16 décembre - Naufrage du Nadine en 1990

Alors qu'il revient d'un lieu de pêche du Golfe Saint-Laurent par gros temps, le «NADINE», un navire de 37 mètres, prend le gîte sur bâbord et coule par l'arrière à 10,4 milles au large de Grande-Entrée. Cinq membres d'équipage ainsi qu'une scientifique du ministère des Pêches et Océans périssent; deux autres personnes ne sont pas retrouvées. Le capitaine Robert Poirier et son frère, Serge, survivent à une nuit d'horreur en mer et sont transportés au Centre hospitalier de l'Archipel.

Les huit victimes, sauf Estelle Laberge, sont nées aux Îles-de-la-Madeleine. Six d'entre elles laissent en tout, onze orphelins de père :
  • Augustin Vigneau, 31 ans, Étang-des-Caps
  • Jacquelin Miousse, 36 ans, Gros-Cap 
  • Pierre Cyr, 31 ans, Havre-Aubert
  • Gérard Vigneau, 30 ans, Portage-du-Cap
  • Lauréat Deveau, 47 ans, Millerand 
  • Mario Leblanc, 26 ans, Gros-Cap
  • Emile Poirier, 23 ans, Havre-aux-Maisons
  • Estelle Laberge, Sainte-Martine (Châteauguay) biologiste de l'Institut Lamontagne



En septembre 1993, l'enquête du Bureau de la Sécurité des Transports du Canada conclut que le navire a coulé en raison d'une combinaison de facteurs: des ouvertures non hermétiques, l'obscurité, le manque de formation, en plus d'une météo défavorable. Sur les ondes de CFIM, le 16 décembre 2015, le capitaine survivant dit souhaiter publier sa propre version de la tragédie dont il avoue toujours souffrir du syndrome du survivant.  Le film de Richard Lavoie, rendu disponible en ligne sur sa page, en décembre 2020, permet enfin de rompre l'omerta entourant ce naufrage. À l'occasion du 30e anniversaire de la tragédie, Anick Miousse, la fille d'un des marins disparus, se confie à Isabelle Larose, de Radio-Canada.

Ce qui est la pire tragédie maritime des Îles, de son histoire contemporaine, fait dire au propriétaire du journal Le Radar, le 8 janvier 1991 :   « si les  tragédies de la mer sont le lot des insulaires, les Madelinots ont payé leur tribut à la mer ! ». Il énumère ainsi le naufrage du Marie-Carole en 1964 où périrent cinq personnes, celui du Tommy Ann qui entraina cinq jeunes de l'île d'Entrée dans la mort en 1987 et même celui d'une barque en 1936 où six personnes de Old Harry se noient à Grande-Entrée.  Il ne pouvait se douter à l'époque, qu'il y aurait encore en 2008, le naufrage de l'Acadien II, coûtant la vie à quatre autres Madelinots.

Références: 

Archives Le Radar, 8 janvier 1991
Film : Le Nadine... On a accusé les morts 
https://richardlavoie.qc.ca/ 

lundi 7 décembre 2020

Le long métrage documentaire de Richard Lavoie : Le Nadine... on a accusé les morts

Le plus récent film sur la tragédie du Nadine, est maintenant disponible en location sur le lien suivant, partagé par son réalisateur, Richard Lavoie. Le film fut présenté aux Îles-de-la-Madeleine en salle, en juillet 2020, avec des mesures de distanciation qui limitaient le nombre de places.

Le public a maintenant l'occasion de le découvrir de la maison. Richard Lavoie a su redonner la parole aux survivants, après avoir travaillé sur ce documentaire depuis plus de 25 ans. Il reste un moment poignant où l'on ne peut plus seulement questionner, mais au moins écouter ceux qui restent.





vendredi 4 décembre 2020

Éphéméride... 4 décembre - Naufrage du SS Lunenberg en 1905

Le SS Lunenberg tel que publié dans un article de 1896.  Source web:
http://www.gov.ns.ca/nsarm/virtual/lunenburg/archives.asp?ID=28&Language=

04 décembre 1905 :


Naufrage du SS Lunenberg. Décès de 11 personnes dont Robert Jamieson Leslie, député des Îles à la législature provinciale du Québec.
____________________________
L’épouse de Leslie, Rebecca Bertie Starratt est née dans la vallée d’Annapolis en Nouvelle-Écosse. Elle enseigne à 16 ans à Spry Bay, dans le comté d’Halifax et c’est là que Robert Jamieson Leslie, un capitaine de 18 ans qui avait déjà navigué dans plusieurs ports, va la conquérir et ils se marient un an plus tard. Pendant que Leslie est membre du parlement (1904-1905), ils demeurent à Québec.
Robert Jamieson Leslie aime la vie, les gens et beaucoup de responsabilités. Il a une usine de poisson et un magasin général aux Îles-de-la-Madeleine. Il est également associé de l’entreprise de marchands Leslie, Hart & Co à Halifax et détient des parts à la Magdalen Island Steamship Co. dont les navires effectuent les trajets entre Pictou, N.-É. et Havre-Aubert aux Îles-de-la-Madeleine.
Aux élections provinciales de 1904 alors qu’il est en Écosse à conclure une transaction pour sa ligne de navire, il est élu député libéral pour le comté des Îles et la péninsule gaspésienne, en même temps que l’arrivée au pouvoir du premier ministre Gouin. C’est en son nom que le village de Leslie et un bureau de poste sont identifiés ainsi aux Îles-de-la-Madeleine. R. J. Leslie adore les Îles. Il s’y rend chaque année lors du  dernier voyage de sa compagnie, apportant des provisions pour que les Madelinots puissent passer l’hiver. 
Construit  par Titus Langille à Mahone Bay en Nouvelle-Écosse, et enregistré le 8 décembre 1891,  le Lunenberg appartenait à la Lunenberg & Halifax Steam Packet Company. En 1898, il est acheté par le capitaine au long cours James A. Farquhar pour 13 500 $ et revendu le 23 janvier 1900 à Leslie et son associé Guy C. Hart de Halifax pour 19 500$.
Lunenburg est une goélette de deux mats, avec un pont et une étrave arrondie, dont le moteur développe une force de 56 chevaux-vapeur. Elle a 124.9 pieds de long, 23.5 pieds de large et une profondeur de 12. 5 pieds d’une capacité cargo de 266 tonnes pour un tonnage enregistré de 113 t.
Dimanche matin, le 3 décembre 1905, le navire quitte Pictou avec 17 hommes à bord. La distance entre Pictou et Souris s’est déroulée sans embûche et il quitte Souris à 16h par une belle température. Une tempête surgit durant la nuit et le navire continue prudemment pendant 58 milles. Le capitaine estimant que 10 milles le séparent de son but, ne prend pas la peine de mesurer la profondeur de l’eau.
Dans une mer démontée, ils arrivent à Havre-Aubert avant le lever du soleil le lundi 4 décembre, essayant de se frayer un passage entre l’Île d’Entrée et le havre. Le vent souffle du nord-est d’une force d’ouragan, mais c’est plutôt la tempête de neige aveuglante qui amène le Lunenburg à perdre sa route et s’échouer sur une bande de sable à environ 2 milles de son but à 2h10 du matin. Le Capitaine Pride signale pour de l’aide, mais les conditions de la mer empêchent les embarcations de s’éloigner de la côte. À 10h le capitaine demande des volontaires pour accoster avec une des barques de survie avec le premier et second maître. Après une heure d’hésitation, le deuxième ingénieur et deux chauffeurs sont volontaires. Les cinq hommes atteignent la rive. 
Peu de temps après le Lunenburg commence à sombrer et le capitaine décide de tenter une autre manœuvre avec une des barques. Il a de la difficulté à convaincre des hommes gelés et tremblants de risquer leur vie en se lançant d’un bateau du côté houleux du navire. Une foule de spectateurs inquiets et impuissants assiste à la scène du rivage, incapable de prêter assistance. 
À 14h, les douze hommes encore sur le Lunenberg embarquent dans la barque, Robert Jamieson Leslie est le dernier à quitter. Les autres passagers sont, le chef ingénieur Ronald McDonald de Pictou, le steward Harding Gerhardt de Lunenburg, le cuisinier James Josie, le commissaire de bord J..W.. McConnell de Port Hilford, le mousse Beverly Hamm de Lunenburg, les marins [Adelphus Vigneault, Vital Doucet, Joseph Bourgeois et Samuel Vigneau], tous des Îles-de-la-Madeleine et le Capitaine Pride de Sherbrooke. (Les corps de Vital, Joseph et Samuel n'ayant pas été retrouvés, ils n'ont pu être inhumés - seul l'acte des registres originaux fait mention de cette note *).
Comme ils approchent la côte, les déferlantes les font reculer et alors qu’ils sont à environ 200 mètres de l’épave, une vague se brise sur eux et retourne leur embarcation comme un baril. Ils réussissent à se tenir sur le rebord et, ballotés pendant 3 heures, personne ne dit mot sauf le mousse Hamm inquiet pour sa pauvre mère. R.J. Leslie continue d’encourager les hommes que leur salut viendra du rivage, mais ceci ne peut arriver. Un à un, les hommes s’endorment. Leslie, un des derniers. Seul le capitaine dont un bras est pris à une fente de la barque est retrouvé inconscient à 17 h. La mer a remis l’embarcation à l’endroit et son corps est à l’intérieur lorsqu’on le retrouve à cinq milles du naufrage et un mille du rivage. Les hommes du rivage risquant leur vie à prendre un doris pour secourir l’unique survivant qu’ils croient être Leslie, ont cru le voir se tenir à la barque avec son manteau de fourrure. Mais c’est le capitaine qui porte cette tenue. Un petit-fils d’un des secouristes raconte qu’aucun n’aurait pris le risque d’aller dans cette mer démontée s’il avait su que ce n’était pas Leslie .
Les habitants de Havre-Aubert sont en deuil. Ils érigent une tombe de pierre sur une butte et conservent là jusqu’au printemps, le cercueil où repose le corps de Leslie, échoué peu de temps après. Son corps est retourné à Halifax en avril pour être enterré dans le cimetière de Fairview.  Le jonc de mariage de Leslie est retourné à sa femme (il est maintenant porté par son arrière-petit-fils, Andrew Moir Dickson). Sa femme Bertie Starratt Leslie est demeurée plusieurs années dans leur maison située au 56 Young Avenue, Halifax avec ses enfants.

Traduction libre de Greatly abridged excerpts from "Dickson and Leslie Family Histories" ISBN 0-919942-09-1 © 1990

Pour plus de détails sur le naufrage du Lunenberg dont plusieurs sources furent consultées 2011 :
http://tolkien2008.wordpress.com/2011/02/26/le-naufrage-du-lunenburg-4-decembre-1905-iles-de-la-madeleine/ Cet article apporte des informations supplémentaires et divergentes sur la liste des passagers et personnes noyées. Il s'appuie sur plusieurs sources de journaux d'époque.

* Dennis M. Boudreau a comparé l'acte du registre d'état civil pour l'inhumation du corps d'Adelphus Vigneault et a pu constater l'ajout d'une note concernant les corps non retrouvés, dans l'acte original du registre de Havre-Aubert (Collection Drouin). Les noms des marins madelinots ont donc été corrigés et cette précision ajoutée. 

dimanche 29 novembre 2020

Une fin de novembre funeste en 1875

Nous avons décrit la nuit tragique du 28 novembre 1871, qui a entrainé dans la mort 15 marins. Mais nous ne pouvons passer sous silence le mois de novembre de 1875, il y a 145 ans, alors que trois goélettes des Îles ne sont jamais revenues faisant cette fois au moins 18 victimes. Elles étaient parties chercher des denrées pour subvenir aux besoins de l’hiver qui arrivait. C’est le SS Newfield du Gouvernement canadien qui prit la relève des bateaux perdus, le 2 décembre suivant. 

La liste des personnes perdues en mer est établie en grande partie grâce à Dennis M. Boudreau (1), même si elles ne sont pas enegistrées dans les registres paroissiaux consultés.

 

L’ESPÉRANCE – goélette de 51 tonneaux avec 12 membres d’équipage (5 pertes de vie)


Dominique Gaudet en 1871
Fonds AP13 Simone Gaudet

La goélette L’Espérance fait naufrage au Cap Breton, le 17 novembre 1875. Propriété de David Lapierre, cette goélette fut construite aux Îles-de-la-Madeleine. Partie d’Halifax vers les Îles, elle a terminé sa course près des rochers de Chimney Corner (Inverness Country). Les survivants ont dû gravir les rochers abrupts du lieu du naufrage. Une lettre de Wilfrid Renaud [1], petit fils du survivant Théodore Renaud, permet de préciser des détails de la tragédie.  Il en est de même par la lecture du Huitième rapport annuel de la Marine et des Pêcheries pour l’année 1875. Selon les dires du survivant, L’Espérance avait à son bord 8 membres d’équipage. Le rapport annuel en mentionne 12. La goélette appartenait au capitaine David Lapierre, un jeune célibataire. 



Liste des décès de L’Espérance :

  1. Dominique GAUDET, époux de Sophronie Briand
  2. Joseph-Théodore RENAUD, époux de Victoire BOUDREAU et oncle de l’autre Théodore Renaud, qui a survécu
  3. Noël LEBEL, époux de Pélagie CHIASSON et père de Daniel Lebel[2
  4. David Lapierre, capitaine
  5. Hilaire Doucet, fils de Antoine Doucet, âgé de 18 ans

Liste des survivants de L’Espérance :

  1. Théodore Renaud, grand-père du témoin Wilfrid.
  2. Onézime Gaudet, frère de Dominique et beau-père de William Vigneau
  3. Casimir Arseneau, grand-père de Maria, épouse d’Avila Chevrier


Théodore Renaud a raconté plusieurs fois à son petit-fils le récit de ce naufrage. Il est décédé en 1929 alors que Wilfrid avait 15 ans. Une partie de son récit apparait tel que dans la lettre du 19 mai 1986, adressée à son cousin Léopold Brophy :

 

Vers 4 heures du matin au moment du naufrage grand-père, Noël Lebel et Hilaire Doucet étaient en bas. Noël Lebel n’a pas voulu monter sur le pont, il a préféré mourir en bas et Hilaire Doucet a resté avec lui. Mon grand-père ne savait pas nager, il a monté en haut. Au même instant un brisant l’a jeté à la mer et un autre l’a jeté sur les galets, ils se sont retrouvés tous les trois ensemble, lui, Onézime G. et Casimir Arseneau, dans le cap avec la mer à leur verser sur le dos et en pensant aux autres. Ils ont passé 2 heures là. Le temps était long, pensant d’être emporté d’un instant à l’autre par les vagues. Vers 6 h du matin, ils ont monté. Casimir un petit bout, ensuite Onézime Gaudet, et c’est mon grand-père qui a monté le dernier et avec assez de misère. Ils ont réussi étape par étape à monter sur le cap (…) C’était à Magaret Cap-Breton qu’ils ont fait naufrage et Avila Chevrier m’a raconté que ton grand-père Léoni P Gaudet avait été là qu’il avait acheté une tombe et l’avait fait poser au cimetière. Je te promets que si j’ai encore l’occasion de passer par-là j’irai voir si je peux retrouver des souvenirs.

Ton ami Wilfrid

 P.S. Raconté par Théodore Renaud à Avila Chevrier 90 ans et à son petit-fils Wilfrid qui a 72 ans.

 


Documents de la session de la Puissance du Canada- 1876, (Volume 9, no.4, Documents de la session 5) page 51/315 

  

STELLA MARIS – goélette de 52 tonneaux (6 pertes de vie)

La goélette à deux mâts, Stella Maris, fait naufrage le même jour à Grande-Anse, Cap-Breton, en partant d’Halifax vers les Îles. Ce bateau, construit également aux Îles deux ans plus tôt, était la propriété de Zéphirin Arseneau, de Pointe-Basse. La Stella Maris fut retrouvée renversée, la quille en l’air, sur le côté d’un rocher. Ses écoutilles étaient fermées et son cargo intact, mais malheureusement, les six ou sept membres de l’équipage furent trouvés sans vie sur la plage. Nous n’avons pas ces noms, absents des registres.

 

Documents de la session de la Puissance du Canada- 1876, (Volume 9, no.4, Documents de la session 5) page 50/315  

 

PRESIDENT – goélette de 40 tonneaux (6 pertes de vie)

Propriété de Jean-Baptiste Painchaud et construite à La Heve, N.É., elle sombre le 11 novembre 1875 à Grande-Anse, Cap-Breton, en se rendant à Halifax. On déplore le décès des 7 membres d’équipage. Une pierre tombale, gravée au nom des naufragés de Havre-aux-Maisons, fut installée dans le cimetière de Pleasant Cove en Nouvelle-Écosse. La pierre se trouve près de la baie où la goélette a fait naufrage.

L’histoire de cette tragédie se trouve dans le livre de Paul Hubert : Les Iles de la Madeleine et les Madelinots. On retrouve également une description en anglais par Dennis M. Boudreau, descendant d’un des marins décédés, Samuel Cormier.[3]

 

Photo: Ronald Turbide

 Liste des décès de la President :

  1. Eugène Turbide, fils de Bénoni, époux de Marie Hubert, mort gelé des suites du naufrage après avoir lutté pour monter la falaise. Il avait 12 enfants âgés de 1 à 20 ans.
  2. Alexandre Turbide, fils aîné d’Eugène et Marie Hubert, mort dans les mêmes circonstances
  3. Samuel Cormier, fils de Nicolas et époux de Philomène Turbide, père de 4 enfants de 1 à 10 ans
  4. André Desjardins, fils de Jean-Baptiste et époux d’Henriette dit Archange Turbide. Il avait 10 enfants, âgés de quelques mois à 18 ans.
  5. Antoine Lafrance, fils célibataire de Joseph et Sophie Bilodeau
  6. Alfred Bourgeois, fils de Ferdinand et époux de Victorine Lapierre

  

MARIE-ANNE – goélette (1 perte de vie)

Après être presque entrée en collision avec la goélette Espérance à 4 heures du matin, la goélette Marie-Anne, conduite par le capitaine François Thériault, tente d’alerter leur équipage: ils ont fait une fausse manœuvre et se dirigent sur les côtes du Cap-Breton. Peine perdue, l’Espérance heurte un galet, une demie heure plus tard. La Marie-Anne s’en tire, mais un des marins est emporté par un brisant :

Décès : 

  1. Grégoire Chevarie, époux de Victoire Thériault. Celle-ci est enceinte de huit mois.


Les goélettes Painchaud et Flash s’échouent la même nuit, le long d’une plage près de Scatarie Island. La goélette Arctique, propriété de Nectaire Arseneau, évite de peu les rochers. Son équipage est également sauf.

Le retour des survivants au port de Havre-aux-Maisons, le 15 décembre 1875, est une scène de désolation, selon l’auteur Paul Hubert. Il s’est fait décrire le récit par son propre père.




 

1. FONDS AP13. Simone Gaudet. Chapitre 2 : Les Gaudet du Bassin dans La vie de Donalda, 2003. Non paginé.

2. Daniel Lebel a connu une fin tragique aussi.

3. Boudreau, Dennis M. « Then the Sea Gave Up Her Dead…, » [Maritime Disasters : Samuel Cormier and the Snowstorm of 1875], JE ME SOUVIENS, Vol. VI, # 1, Spring 1983, pp. 11-48.

BOUDREAU, Dennis M. Dictionnaire généalogique des familles des Îles-de-la-Madeleine, Québec, 1760-1948, 2001.

FONDS AC1 CENTRE D’ARCHIVES RÉGIONAL DES ÎLES. Liste condensée des naufrages du Centre d’archives régional des Îles, 2011

GOUVERNEMENT DU CANADA. Bibliothèque de Pêches et Océans Canada (consultée le 29 novembre 2020) https://waves-vagues.dfo-mpo.gc.ca/Library/40783339_1875.pdf 

HUBERT, Paul. Les Îles de la Madeleine et les Madelinots p. 153-156.

DE L’ORME, Jean-Claude et Avila LEBLANC Histoire populaire des Îles de la Madeleine. p. 119-122.

LANDRY, Frédéric. Dernière Course, La Boussole, 1989

 

Note : Le XIXe siècle, journal quotidien politique et littéraire écrit qu’une dépêche de Québec rapporte le naufrage de 6 navires et 62 décès

 

 

 

 

 


samedi 28 novembre 2020

Éphéméride... 28 novembre - Nuit tragique avec trois naufrages en 1871

28 novembre 1871:

La nuit du 28 novembre 1871 reste un moment sinistre de l'histoire maritime des Îles. Trois bateaux font alors naufrage du côté nord des Îles, entrainant la mort de 15 officiers et marins. Cette même nuit, le SS Wasp, l'Halcyon et le Peri ont sombré.




Le plus connu de ces naufrages reste celui du SS Wasp, où l'officier Auguste LeBourdais est le seul survivant d'un équipage de 11 marins. Ce brick immatriculé au Québec s'est échoué par une forte tempête de neige, à 3 milles à l’Est de Pointe-aux-Loups.

L' Halcyon, une barque de 359 tonneaux enregistrée à Hull, Angleterre, et conduite par le Capitaine Carver, fait côte entre le Cap de l’Hôpital et Pointe-aux-Loups. Il y a 4 pertes de vie, dont le premier officier et trois marins. Les survivants, Collin Wallace et James Giddie, s’établiront à Grande-Entrée. 






La Peri est une goélette de 125 tonneaux qui fait côte au Cap Nord de Grosse-Île. Il y a une perte de vie. Le capitaine est Robert H. Dodridge et le propriétaire, Edward Vittery de Brixham (Devon). Le bateau était immatriculé à Darmouth, en Angleterre. 



 

Références:

Liste condensée des naufrages du Centre d'archives régional des Îles, 2011
Landry, Frédéric. Dernière Course, La Boussole, 1989.
Carte de Daniel Paquet

lundi 23 novembre 2020

Éphéméride... 23 novembre - Naufrage du Lady Doriane II en 1970


L'Apollo III a sauvé des naufragés du Lady Audette
près du Rocher-aux-Oiseaux
23 novembre 1970 :

Disparition, au large des Îles, du seineur de hareng le Lady Doriane II, avec cinq membres d'équipage. Il s'agissait d'un 126 tonneaux enregistré à Shippagan au Nouveau-Brunswick.

Parmi l'équipage se retrouvaient le Capitaine Sylvio Noël, Claude Noël et Antonio Noël.

Parti de Havre-Aubert pour se rendre à Shippagan, vers la fin d’une tempête, elle se perd corps et biens dans la nuit, à 40 milles à l’est de Miscou selon le dernier appel du capitaine.

À quelques mois d’intervalle, les naufrages du Lady Doriane et de son chalutier jumeau, le Lady Audette, ont fait neuf victimes et brisé des dizaines de vies. Au grand dam de la population, l'enquête n'a pas retenu ou voulu entendre l’hypothèse d’un défaut de fabrication qui aurait pu être la ou une des causes du naufrage.   

Cécile Chevrier et Paul-Émile d’Entremont, des Productions Phare-Est, ont réalisé un documentaire à ce sujet qui leur a valu d'être finalistes au prix Gémeaux 2012 dans la catégorie meilleur documentaire-société. Madame Chevrier a aimablement remis au Centre d'archives une copie de son film, ainsi que plusieurs autres, en 2020.

Nous savons que, suite au naufrage du Lady Audette II et du Lady Doriane II, Transports Canada a commandé une étude du Leroy and Barry (renommé Hope Bay) intitulée Stability in Waves, Project No.20.94. National Physical Laboratory, Ship Division (Grande-Bretagne) et publiée le 1er juin 1973. Ceci n'évitera malheureusement en rien le naufrage du Hope Bay, le 26 février 2004.



Références:

Liste condensée des naufrages du Centre d'archives régional des Îles
Topoweb: 
http://pecheursdumonde.org/15H30-Naufrages.html
http://apfc.info/index.cfm?&Art=2137984615&Voir=membre_voir
L'ONF présente un film de Léonard Forest faisant mention de ce bateau en 1972 et de la dure réalité des pêcheurs: Un soleil pas comme ailleurs, 47 min.



Note:

L'album du spectacle Ode à l'Acadie 2004 contient une chanson intitulée la Tempête, consacrée au Lady Doriane.